Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623728

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2623728
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKWEMO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2026, Mme C... A..., épouse B..., représentée par Me Kwemo, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’ordonner la suspension de la décision implicite de rejet de la commission de médiation de Paris prise à son encontre le 2 juin 2026, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d’enjoindre la commission de médiation de Paris, sur le fondement de la Loi n° 2007-
290 du 5 mars 2007, de la reconnaître comme prioritaire et devant être logé d’urgence dans un logement répondant à ses besoins et capacités, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l’expiration de ce délai en application de l’art L. 911-3 du code de justice administrative ;

4°) à défaut, enjoindre à la commission de médiation de Paris sur le fondement de l’article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, injonction assortie d’une astreinte fixée à 500 euros par jour de retard en application de l’art L. 911-3 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de la Commission de médiation de Paris une somme de 2000 euros à verser à Me Kwemo en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient :

Sur l’urgence :
la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle loge à la rue avec son mari et leurs quatre enfants mineurs ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
la décision est entachée d’une insuffisance de motivation ;
son recours DALO est recevable ;
elle méconnaît les dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation ;
elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 juillet 2026 sous le n°2623732 par laquelle Mme A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. » Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. »

2. Au soutien de sa demande de suspension de l’exécution de la décision litigieuse, Mme C... A..., épouse B..., ressortissante malienne né le 15 novembre 1991, à Bamako (Mali), se borne à indiquer qu’elle est sans logement et qu’elle dort dans la rue avec son mari et ses enfants, sans apporter de justification de sa situation. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête faute pour l’intéressé de justifier de l’urgence qu’il invoque. En application de l’article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n’y a pas lieu de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A....


Fait à Paris, le 3 août 2026.


Le juge des référés,


Signé


J-Ch. GRACIA

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.