Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623782

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2623782
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2026, le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner l’expulsion de Mme A... B..., de M. C... B..., ainsi que de tous occupants de leur chef, de l'hébergement en diffus qu'ils occupent indûment, situé 178 avenue de la République, à Nanterre (92000), rattaché au HUDA L'Esquisse, 45 boulevard de Magenta, 75010 Paris ;

2°) de leur enjoindre de restituer les clés de l'hébergement et de libérer l'ensemble des lieux mis à leur disposition dans le cadre de leur prise en charge ;

3°) d'autoriser, en cas de refus d'exécution volontaire, le recours au concours de la force publique afin de procéder à leur expulsion et à celle de tous occupants de leur chef ;

4°) d'autoriser l'évacuation des biens mobiliers se trouvant dans les lieux, aux frais, risques et périls des intéressés, dans les conditions prévues par les textes applicables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.




Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article R. 522-8-1 du même code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. ».

2. Aux termes de l’article R. 312-7 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs (…) au domaine public, (…) et, de manière générale, aux décisions concernant des immeubles relèvent de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouvent les immeubles faisant l’objet du litige. (…) ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) Cergy-Pontoise : Hauts-de-Seine (…) ».

3. Le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, demande au juge des référés l’expulsion sans délai de Mme A... B..., de M. C... B..., ainsi que de tous occupants de leur chef, de l'hébergement en diffus qu'ils occupent indûment, situé 178 avenue de la République, à Nanterre (92800). En vertu des dispositions précitées de l’article R. 312-7 du code de justice administrative, cette requête, qui concerne un litige relatif à l’occupation du domaine public et porte sur un hébergement situé dans le département des Hauts-de-Seine, ne relève pas de la compétence territoriale du tribunal administratif de Paris mais de celle du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, alors même qu’il serait rattaché à un établissement situé à Paris. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter en application de l’article R. 522-8-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête du préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.


Fait à Paris, le 3 août 2026.


Le juge des référés,



J-Ch. Gracia

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.