Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2623784
samedi 1 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2623784 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACHOUR |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2026, M. A... B... , représenté par achour, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
à titre principal, d’enjoindre au ministre de l’Europe et des affaires étrangères et au consul général de France à Rabat, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, de lui délivrer un laissez-passer d’une durée de validité suffisante et de transmettre aux autorités marocaines compétentes (direction générale de la sûreté nationale et douanes du port de Tanger) une note verbale, ou toute communication officielle équivalente, attestant de la délivrance de ce titre et sollicitant la facilitation de la sortie du territoire marocain de l’intéressé ;
à titre subsidiaire, d’enjoindre au ministre de l’Europe et des affaires étrangères de lui délivrer un passeport, dans le même délai ;
à titre infiniment subsidiaire, d’ordonner toute mesure utile à la sauvegarde des libertés fondamentales en cause, notamment l’organisation d’un rapatriement sanitaire par voie maritime ;
en tout état de cause, d’assortir ces injonctions d’une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
de condamner l’Etat à lui verser la somme de 4 000 euros au titre de l’article l. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu’aux entiers dépens.
Elle soutient que :
le tribunal administratif de Paris est compétent ;
la condition d’urgence est remplie dès lors que :
son état de santé l’expose à un risque vital en cas de récidive, alors qu’il ne peut bénéficier au Maroc ni d’une prise en charge pérenne ni de la couverture sociale à laquelle il a droit en France, et que le suivi pneumologique spécialisé qu’exige son état ne peut être assuré dans des conditions équivalentes à celles du territoire national ;
la situation de blocage perdure depuis plus de trois années et vient, une nouvelle fois, de se matérialiser par le refoulement du 18 juillet 2026, alors même que le laissez-passer délivré la veille est désormais expiré ;
il est privé du droit de rentrer dans son propre pays ;
il est porté une atteinte à son droit de rentrer dans le pays dont il est ressortissant, qui constitue une liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative ;
cette atteinte est grave et manifestement illégale dès lors qu’elle contrevient à l’article 5, points a) et e), de la Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
M. A... B... ressortissant français né le 7 mai 1983 à Châlons-sur-Marne et domicilié à Paris (75020), soutient qu’il est retenu depuis trois ans au Maroc et qu’il ne peut revenir en France, auprès du consulat général de France à Bruxelles. Cette demande a été rejetée par une décision du 17 avril 2026. M. B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au ministre de l’Europe et des affaires étrangères ou à toute autorité compétente de lui délivrer le passeport sollicité ou un document de voyage provisoire.
Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
Il n’y a urgence à ordonner la suspension d’une décision administrative que s’il est établi qu’elle préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du demandeur ou aux intérêts qu’il entend défendre. En outre, lorsque le requérant fonde son intervention non sur la procédure de suspension régie par l’article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l’article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l’article L. 521-2 soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
Pour justifier de l’urgence, le requérant fait valoir que son état de santé l’expose à un risque vital en cas de récidive, alors qu’il ne peut bénéficier au Maroc ni d’une prise en charge pérenne ni de la couverture sociale à laquelle il a droit en France et que le suivi pneumologique spécialisé qu’exige son état ne peut être assuré dans des conditions équivalentes à celles du territoire national ; que la situation de blocage perdure depuis plus de trois années et vient, une nouvelle fois, de se matérialiser par le refoulement du 18 juillet 2026, alors même que le laissez-passer délivré la veille est désormais expiré; qu’il est privé du droit de rentrer dans son propre pays.
Toutefois, premièrement, il ne résulte pas de l’instruction que, à la date de la présente ordonnance, l’état de santé du requérant aurait atteint un état de gravité tel qu’il ne puisse être pris en charge au Maroc. Deuxièmement, il résulte de l’instruction et des écritures mêmes de M. B..., que la situation qu’il déplore dure depuis plus de trois ans sans qu’il apporte de justifications suffisantes à l’intervention de juge des référés dans un délai de 48 heures. Troisièmement, la seule circonstance que M. B... soit empêché de retourner en France ne permet pas, dans les circonstances de l’espèce, de caractériser l’urgence particulière au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Dans ces conditions, l’intéressé ne justifie pas, en l’état de l’instruction, d’une situation d’urgence qui impliquerait qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans un délai de seulement quarante-huit heures.
Dès lors, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une ou plusieurs libertés fondamentales, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B...
Copie pour information sera adressée au Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
Fait à Paris, le 1er août 2026.
Le juge des référés,
Signé
J-Ch. GRACIA
La République mande et ordonne au ministre de l’Europe et des affaires étrangères, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2026, M. A... B... , représenté par achour, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
à titre principal, d’enjoindre au ministre de l’Europe et des affaires étrangères et au consul général de France à Rabat, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, de lui délivrer un laissez-passer d’une durée de validité suffisante et de transmettre aux autorités marocaines compétentes (direction générale de la sûreté nationale et douanes du port de Tanger) une note verbale, ou toute communication officielle équivalente, attestant de la délivrance de ce titre et sollicitant la facilitation de la sortie du territoire marocain de l’intéressé ;
à titre subsidiaire, d’enjoindre au ministre de l’Europe et des affaires étrangères de lui délivrer un passeport, dans le même délai ;
à titre infiniment subsidiaire, d’ordonner toute mesure utile à la sauvegarde des libertés fondamentales en cause, notamment l’organisation d’un rapatriement sanitaire par voie maritime ;
en tout état de cause, d’assortir ces injonctions d’une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
de condamner l’Etat à lui verser la somme de 4 000 euros au titre de l’article l. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu’aux entiers dépens.
Elle soutient que :
le tribunal administratif de Paris est compétent ;
la condition d’urgence est remplie dès lors que :
son état de santé l’expose à un risque vital en cas de récidive, alors qu’il ne peut bénéficier au Maroc ni d’une prise en charge pérenne ni de la couverture sociale à laquelle il a droit en France, et que le suivi pneumologique spécialisé qu’exige son état ne peut être assuré dans des conditions équivalentes à celles du territoire national ;
la situation de blocage perdure depuis plus de trois années et vient, une nouvelle fois, de se matérialiser par le refoulement du 18 juillet 2026, alors même que le laissez-passer délivré la veille est désormais expiré ;
il est privé du droit de rentrer dans son propre pays ;
il est porté une atteinte à son droit de rentrer dans le pays dont il est ressortissant, qui constitue une liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative ;
cette atteinte est grave et manifestement illégale dès lors qu’elle contrevient à l’article 5, points a) et e), de la Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
M. A... B... ressortissant français né le 7 mai 1983 à Châlons-sur-Marne et domicilié à Paris (75020), soutient qu’il est retenu depuis trois ans au Maroc et qu’il ne peut revenir en France, auprès du consulat général de France à Bruxelles. Cette demande a été rejetée par une décision du 17 avril 2026. M. B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au ministre de l’Europe et des affaires étrangères ou à toute autorité compétente de lui délivrer le passeport sollicité ou un document de voyage provisoire.
Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
Il n’y a urgence à ordonner la suspension d’une décision administrative que s’il est établi qu’elle préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du demandeur ou aux intérêts qu’il entend défendre. En outre, lorsque le requérant fonde son intervention non sur la procédure de suspension régie par l’article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l’article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l’article L. 521-2 soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
Pour justifier de l’urgence, le requérant fait valoir que son état de santé l’expose à un risque vital en cas de récidive, alors qu’il ne peut bénéficier au Maroc ni d’une prise en charge pérenne ni de la couverture sociale à laquelle il a droit en France et que le suivi pneumologique spécialisé qu’exige son état ne peut être assuré dans des conditions équivalentes à celles du territoire national ; que la situation de blocage perdure depuis plus de trois années et vient, une nouvelle fois, de se matérialiser par le refoulement du 18 juillet 2026, alors même que le laissez-passer délivré la veille est désormais expiré; qu’il est privé du droit de rentrer dans son propre pays.
Toutefois, premièrement, il ne résulte pas de l’instruction que, à la date de la présente ordonnance, l’état de santé du requérant aurait atteint un état de gravité tel qu’il ne puisse être pris en charge au Maroc. Deuxièmement, il résulte de l’instruction et des écritures mêmes de M. B..., que la situation qu’il déplore dure depuis plus de trois ans sans qu’il apporte de justifications suffisantes à l’intervention de juge des référés dans un délai de 48 heures. Troisièmement, la seule circonstance que M. B... soit empêché de retourner en France ne permet pas, dans les circonstances de l’espèce, de caractériser l’urgence particulière au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Dans ces conditions, l’intéressé ne justifie pas, en l’état de l’instruction, d’une situation d’urgence qui impliquerait qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans un délai de seulement quarante-huit heures.
Dès lors, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une ou plusieurs libertés fondamentales, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B...
Copie pour information sera adressée au Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
Fait à Paris, le 1er août 2026.
Le juge des référés,
Signé
J-Ch. GRACIA
La République mande et ordonne au ministre de l’Europe et des affaires étrangères, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.