Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2624612

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2624612
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 10 août 2026 et le 16 août 2026, M. C..., demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour, de rétablir l'accès à son dossier sur la plateforme ANEF ou, à défaut, de lui permettre de déposer ses pièces par tout autre moyen, et de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la présomption d’urgence que M. A... entend tirer de la circonstance qu’il demande le renouvellement d’un titre de séjour est renversée dans la mesure où l’intéressé, qui n’a pas produit le complément précisément demandé pour l’instruction de son dossier, et qui n’a répondu à la dernière demande de complément que le 7 juillet 2026, peut être regardé comme ayant participé à la réalisation de la situation d’urgence dont il se prévaut.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Pestka pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. »

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

Aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (...) / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. (...) Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. (...) ». Aux termes de l’article R. 431-15-2 du même code : « L'attestation de prolongation de l'instruction d'une demande de première délivrance d'une carte de séjour prévue aux articles L. 424-1 (…) autorise son titulaire à exercer une activité professionnelle sur le territoire de la France métropolitaine dans le cadre de la réglementation en vigueur. / (…) ».

Il résulte de l'instruction que M. A..., ressortissant burkinabè né le 27 juin 1999, entré régulièrement en France le 2 octobre 2024 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention « étudiant », valable jusqu'au 27 septembre 2025, a sollicité le 28 juillet 2025 le renouvellement de ce titre. Il a obtenu des attestations de prolongation d’instruction de sa demande valables du 3 novembre 2025 au 2 février 2026, du 2 février au 1 mai 2026, et du 23 avril au 22 juillet 2026. Sa demande a toutefois fait l’objet le 27 mai 2026 d’un refus d’enregistrement, motif pris du caractère incomplet de son dossier. Dans la mesure où il ne résulte pas de l’instruction que le dossier de demande déposé par le requérant ait été complet, la mesure sollicitée se heurte à une contestation sérieuse. Au demeurant, dans l’hypothèse où le dossier de demande aurait été complet, la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution d’une décision administrative de refus d’enregistrement du 27 mai 2026 et ses effets pourraient être obtenus par la procédure de référé prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Il résulte de ce qui précède que les conditions fixées par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne sont pas réunies et que la requête doit être rejetée.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 1er septembre 2026 ;

La juge des référés,


Signé


M. Pestka

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.