Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2501017

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2501017
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPOLE URGENCES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en plein contentieux, rejette la demande de Mme A... visant à obtenir l'annulation d'une décision de remise gracieuse partielle d'un indu de prime d'activité et l'octroi d'une remise totale. Le juge estime que la requérante ne démontre pas être dans une situation de précarité financière justifiant une telle remise, ses ressources mensuelles (environ 1 100 €) excédant ses charges courantes (moins de 650 €). La décision s'appuie sur les articles L. 845-3 et R. 846-5 du code de la sécurité sociale, qui régissent la récupération et la remise des indus de prestations sociales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mars 2025 et des mémoires en production de pièces enregistrés le 16 mars 2025, le 18 mars 2025 et le 21 mars 2025, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 25 février 2025 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime lui a accordé la remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 1 120,09 euros à hauteur de la seule somme de 560,05 euros, et de lui accorder la remise totale de cet indu.

Mme A... soutient qu’elle se trouve dans une situation financière précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2025, la caisse d’allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

La caisse d'allocations familiales soutient que la précarité n’est pas démontrée.


Vu :
la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative ;
la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience ;
les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de la sécurité sociale ;
le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport, les parties n’étant ni présentes ni représentées.

A l’issue de l’audience, l’instruction a été clôturée en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Mme A... demande au tribunal, d’une part, d’annuler la décision du 25 février 2025 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime lui a accordé la remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 1 120,09 euros à hauteur de la seule somme de 560,05 euros et, d’autre part, de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.

Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d’activité est récupéré par l’organisme chargé de son service. (…) La créance peut être remise ou réduite par l’organisme mentionné au premier alinéa en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration. ». Aux termes de l’article R. 846-5 du même code : « Le bénéficiaire de la prime d’activité est tenu de faire connaître à l’organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l’établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l’un ou l’autre de ces éléments. ». Aux termes de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (…) par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement en un seul versement si l’allocataire opte pour cette solution. (…) / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l’organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ».

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant totalement ou partiellement une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité, il appartient au juge administratif d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

Il résulte de l’instruction que Mme A..., qui n’établit pas avoir la charge de son enfant majeur, perçoit un revenu mensuel, prestations sociales comprises, d’environ 1 100 euros, suffisant pour permettre de faire face à des charges courantes mensuelles se montant, compte tenu des justificatifs produits, à moins de 650 euros. Par suite, Mme A... n’établit pas être, au jour du jugement, dans une situation financière telle qu’elle ne pourrait pas procéder au remboursement de la somme restant due de 403,74 euros, et alors qu’elle peut demander un échéancier de paiement adapté à ses facultés contributives à la caisse d'allocations familiales.


Il résulte de ce qui précède que Mme A... n’est fondée à demander ni l’annulation de la décision lui accordant la remise gracieuse seulement partielle d’un indu de prime d’activité ni la remise gracieuse totale de sa dette.



D E C I D E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A..., à la caisse d’allocations familiales de la Seine-Maritime et au ministre du travail et des solidarités.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.



La magistrate désignée,

signé

H. JEANMOUGIN
Le greffier,

signé

J.-L. MICHEL




La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.