Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2501155
jeudi 5 mars 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2501155 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | POLE URGENCES |
Résumé IA
Sujet principal : Recours contre une décision de remise gracieuse seulement partielle d'un indu de revenu de solidarité active (RSA).
Juridiction : Tribunal Administratif de Rouen (formation Pôle Urgences).
Solution retenue : Le tribunal rejette la requête de Mme C... et confirme le rejet de sa demande de remise totale de la dette.
Textes appliqués : Articles L. 262-17, R. 262-37 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, relatifs aux obligations des bénéficiaires du RSA et aux conditions de récupération et de remise gracieuse des paiements indus. Le juge estime que la requérante, disposant de ressources mensuelles d'environ 1 300 euros pour des charges fixes d'environ 950 euros, n'apporte pas la preuve d'une situation de précarité justifiant une remise totale.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2025 et des mémoires enregistrés le 20 mars 2025 et le 21 mars 2025, Mme A... C..., demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision, portée à sa connaissance par courrier du 28 janvier 2025, par laquelle la remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 2 479,17 euros lui a été accordée à hauteur de la seule somme de 495,83 euros ;
2°) de lui accorder la remise totale de sa dette.
Mme C... soutient qu’elle se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2025, le département de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le département soutient que la précarité n’est pas établie.
Vu :
la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative ;
la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l’action sociale et des familles ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Au cours de l’audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport, les parties n’étant ni présentes ni représentées.
A l’issue de l’audience, l’instruction a été close en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Mme C... demande au tribunal, d’une part, d’annuler la décision, portée à sa connaissance par courrier du 28 janvier 2025, par laquelle la remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 2 479,17 euros lui a été accordée à hauteur de la seule somme de 495,83 euros, et, d’autre part, de lui accorder la remise totale de sa dette.
D’une part, aux termes de l’article L. 262-17 du code de l’action sociale et des familles : « Lors du dépôt de sa demande, l’intéressé reçoit, de la part de l’organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active (…) ». Aux termes de l’article R. 262-37 du même code : « Le bénéficiaire de l’allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l’organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l’un ou l’autre de ces éléments. ».
D’autre part, aux termes de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles : « Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l’organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. (…) La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration. ».
Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
Si Mme C... soutient se trouver dans une situation financière précaire, il ressort des pièces produites qu’elle bénéficie d’environ 1 300 euros de ressources mensuelles, qui lui permettent de faire face à des charges fixes mensuelles personnelles d’environ 950 euros. Mme C... ne précise pas si elle partage ses charges, et dans quelle mesure le cas échéant, avec M. B... avec lequel elle vit en colocation depuis plusieurs années. Elle n’apporte donc pas la preuve qu’elle se trouve dans une situation de précarité telle qu’elle ne pourrait pas faire face, au jour du jugement, au paiement de son indu de revenu de solidarité active d’un montant total restant dû de 1 983,34 euros, et alors qu’elle peut demander à la caisse d'allocations familiales un échéancier de paiement adapté à ses facultés contributives.
Il résulte de ce qui précède que Mme C... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision de remise gracieuse seulement partielle d’un indu de RSA ni la remise totale de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... et au département de la Seine-Maritime.
Copie en sera transmise à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGIN
Le greffier,
sifgné
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 10 mars 2025 et des mémoires enregistrés le 20 mars 2025 et le 21 mars 2025, Mme A... C..., demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision, portée à sa connaissance par courrier du 28 janvier 2025, par laquelle la remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 2 479,17 euros lui a été accordée à hauteur de la seule somme de 495,83 euros ;
2°) de lui accorder la remise totale de sa dette.
Mme C... soutient qu’elle se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2025, le département de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le département soutient que la précarité n’est pas établie.
Vu :
la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative ;
la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l’action sociale et des familles ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Au cours de l’audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport, les parties n’étant ni présentes ni représentées.
A l’issue de l’audience, l’instruction a été close en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Mme C... demande au tribunal, d’une part, d’annuler la décision, portée à sa connaissance par courrier du 28 janvier 2025, par laquelle la remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 2 479,17 euros lui a été accordée à hauteur de la seule somme de 495,83 euros, et, d’autre part, de lui accorder la remise totale de sa dette.
D’une part, aux termes de l’article L. 262-17 du code de l’action sociale et des familles : « Lors du dépôt de sa demande, l’intéressé reçoit, de la part de l’organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active (…) ». Aux termes de l’article R. 262-37 du même code : « Le bénéficiaire de l’allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l’organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l’un ou l’autre de ces éléments. ».
D’autre part, aux termes de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles : « Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l’organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. (…) La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration. ».
Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
Si Mme C... soutient se trouver dans une situation financière précaire, il ressort des pièces produites qu’elle bénéficie d’environ 1 300 euros de ressources mensuelles, qui lui permettent de faire face à des charges fixes mensuelles personnelles d’environ 950 euros. Mme C... ne précise pas si elle partage ses charges, et dans quelle mesure le cas échéant, avec M. B... avec lequel elle vit en colocation depuis plusieurs années. Elle n’apporte donc pas la preuve qu’elle se trouve dans une situation de précarité telle qu’elle ne pourrait pas faire face, au jour du jugement, au paiement de son indu de revenu de solidarité active d’un montant total restant dû de 1 983,34 euros, et alors qu’elle peut demander à la caisse d'allocations familiales un échéancier de paiement adapté à ses facultés contributives.
Il résulte de ce qui précède que Mme C... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision de remise gracieuse seulement partielle d’un indu de RSA ni la remise totale de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... et au département de la Seine-Maritime.
Copie en sera transmise à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGIN
Le greffier,
sifgné
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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