Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2026, M. B... A..., représenté par Me Labelle, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 23 juin 2026 par lequel le préfet de l’Eure l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Labelle au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A... soutient que l’arrêté contesté :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- a été pris en violation de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît le premier paragraphe de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- méconnaît les dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- est entaché d’erreur manifeste d’appréciation.
La procédure a été communiquée le 29 juin 2026 au préfet de l’Eure, qui a produit des pièces le 1er juillet 2026.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme C... comme juge du contentieux des mesures d’éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
En application des dispositions de l’article R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le magistrat désigné par le président du tribunal peut, par ordonnance, transmettre sans délai le dossier à la juridiction qu’il estime compétente. Aux termes du second alinéa de l’article R. 922-4 du même code : « Lorsque, en cours d’instance, l’étranger est assigné à résidence en application de l’article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou placé en détention, le tribunal administratif compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d’assignation, de rétention ou de détention. Le dossier est transmis à ce tribunal s’il diffère de celui devant lequel la requête a été présentée. »
Aux termes de l’article R. 221-3 du code de justice administrative : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / (…) Lille : Nord - Pas-de-Calais ; / (…) Rouen : Seine-Maritime, Eure ; (…) ». Aux termes de l’article R. 312-8 du même code : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l’encontre de personnes par les autorités administratives dans l’exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l’objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. (…) ».
Par l’arrêté attaqué du 23 juin 2026, le préfet de l’Eure a assigné M. A... à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 1er juillet 2026, le préfet de l’Eure a décidé, en cours d’instance, du placement de M. A... au centre de rétention administrative de Coquelles, dans le département du Pas-de-Calais. Dès lors, la requête ne relève plus de la compétence du tribunal administratif de Rouen mais de celle du tribunal administratif de Lille. Il y a lieu, en conséquence, de la transmettre à cette juridiction, par application des dispositions précitées.
D E C I D E :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. A... est transmis au tribunal administratif de Lille.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au président du tribunal administratif de Lille, à M. B... A..., à Me Labelle et au préfet de l’Eure.
Fait à Rouen, le 1er juillet 2026.
La magistrate désignée,
Signé
D. C...
La République mande et ordonne au préfet de l’Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière,
Signé
C. Dupont