Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2604784
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2604784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | WOMASSOM TCHUANGOU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 août 2026, Mme A... B..., représentée par Me Womassom Tchuangou, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 10 août 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de cent euros par jours de retard et, à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l’autorisant à travailler dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est présumée pour un refus de renouvellement de titre de séjour et, en outre, elle risque de perdre le bénéfice de son admission à l’Institut de formation d’aides-soignants du CHU de Rouen ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, dès lors que :
elle est entachée d’un défaut d’examen particulier et sérieux de sa situation personnelle, faute en particulier de faire référence au courrier faisant état de son parcours professionnel et notamment de son admission à l’Institut de formation des aides-soignants du CHU de Rouen ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et de fait dans la prise en compte de ses ressources et en ce qu’elle expose que la cellule familiale pourrait se reconstituer en Italie dès lors que sa fille ne dispose d’aucun droit au séjour dans cet Etat ;
elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant dès lors qu’elle ne tient pas compte de la scolarité de l’enfant sur le territoire français et de la stabilité de son cadre de vie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2604787, enregistrée le 25 août 2026, par laquelle Mme B... demande l’annulation de la décision contestée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante camerounaise, née le 2 janvier 1996 à Yaoundé, qui déclare être entrée sur le territoire français le 2 mai 2023, a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour mention « travailleur temporaire », le 11 mars 2026. Par un arrêté du 10 août 2026, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire en fixant son pays de destination. Par la présente requête, Mme B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de cet arrêté en tant qu’il rejette sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».
3. En l’état de l’instruction, aucun des moyens visés ci-dessus invoqués par Mme B... à l’appui de sa demande de suspension n’est manifestement de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 10 août 2026 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. A cet égard, si l’intéressée se prévaut notamment de son admission à l’Institut de formation d’aides-soignants en date du 2 juillet 2026, il ressort des pièces du dossier que l’intéressée a uniquement sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, alors, en tout état de cause, que le contrat à durée indéterminée de la requérante a été rompu le 4 mai 2026 en l’absence d’autorisation de travail. Les moyens tirés de l’atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et à l’intérêt supérieur de son enfant ne sont manifestement pas davantage, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 10 août 2026. Il appartient à Mme B..., si elle s’y croit fondée, de présenter auprès des autorités préfectorales territorialement compétentes une demande de délivrance d’un titre de séjour sur un autre fondement que l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
4. Par suite, en l’état de l’instruction, les conclusions à fin de suspension de l’exécution de la décision du 10 août 2026 présentées par Mme B..., qui sont manifestement mal fondées, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte de la requête comme celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu’être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Rouen, le 1er septembre 2026.
La juge des référés
Signé :
C. GRENIER
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 25 août 2026, Mme A... B..., représentée par Me Womassom Tchuangou, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 10 août 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de cent euros par jours de retard et, à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l’autorisant à travailler dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est présumée pour un refus de renouvellement de titre de séjour et, en outre, elle risque de perdre le bénéfice de son admission à l’Institut de formation d’aides-soignants du CHU de Rouen ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, dès lors que :
elle est entachée d’un défaut d’examen particulier et sérieux de sa situation personnelle, faute en particulier de faire référence au courrier faisant état de son parcours professionnel et notamment de son admission à l’Institut de formation des aides-soignants du CHU de Rouen ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et de fait dans la prise en compte de ses ressources et en ce qu’elle expose que la cellule familiale pourrait se reconstituer en Italie dès lors que sa fille ne dispose d’aucun droit au séjour dans cet Etat ;
elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant dès lors qu’elle ne tient pas compte de la scolarité de l’enfant sur le territoire français et de la stabilité de son cadre de vie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2604787, enregistrée le 25 août 2026, par laquelle Mme B... demande l’annulation de la décision contestée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante camerounaise, née le 2 janvier 1996 à Yaoundé, qui déclare être entrée sur le territoire français le 2 mai 2023, a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour mention « travailleur temporaire », le 11 mars 2026. Par un arrêté du 10 août 2026, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire en fixant son pays de destination. Par la présente requête, Mme B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de cet arrêté en tant qu’il rejette sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».
3. En l’état de l’instruction, aucun des moyens visés ci-dessus invoqués par Mme B... à l’appui de sa demande de suspension n’est manifestement de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 10 août 2026 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. A cet égard, si l’intéressée se prévaut notamment de son admission à l’Institut de formation d’aides-soignants en date du 2 juillet 2026, il ressort des pièces du dossier que l’intéressée a uniquement sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, alors, en tout état de cause, que le contrat à durée indéterminée de la requérante a été rompu le 4 mai 2026 en l’absence d’autorisation de travail. Les moyens tirés de l’atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et à l’intérêt supérieur de son enfant ne sont manifestement pas davantage, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 10 août 2026. Il appartient à Mme B..., si elle s’y croit fondée, de présenter auprès des autorités préfectorales territorialement compétentes une demande de délivrance d’un titre de séjour sur un autre fondement que l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
4. Par suite, en l’état de l’instruction, les conclusions à fin de suspension de l’exécution de la décision du 10 août 2026 présentées par Mme B..., qui sont manifestement mal fondées, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte de la requête comme celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu’être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Rouen, le 1er septembre 2026.
La juge des référés
Signé :
C. GRENIER
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.