Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1906199
lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1906199 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre, JU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2019, Mme et M. B A demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2017 et 2018 à raison de locaux dont ils sont propriétaires, sis chemin du Bas des Trois Moulins à Melun.
Mme et M. A soutiennent que :
- le coefficient d'entretien appliqué à leur maison devrait être abaissé de 1 à 0, 80 (état mauvais, construction ayant besoin de grosses réparations dans toutes ses parties) ;
- le coefficient de situation générale est de 0 (situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent) alors qu'il devrait être de - 0, 10 (situation mauvaise, présentant des inconvénients notoires sans avantages particuliers), dès lors notamment que la maison est située au fond d'un bassin de rétention constitué pour absorber les crues de l'Almont, que la rue est située à proximité du centre de la Croix Rouge et d'un campement sauvage ; qu'elle n'a pas de trottoirs, et est située en zone de nuisances sonores au PLU, qui sont causées par la proximité immédiate de la nationale 105 ;
- le coefficient de situation particulière est de -0.05 (situation médiocre, présentant des inconvénients notoires en partie compensés par certains avantages) alors qu'il devrait être de
- 0, 10 (situation mauvaise, présentant des inconvénients notoires sans avantages particuliers) ;
- la surface retenue est de 88 m² alors qu'une partie de 15 m² est exclusivement utilisée à l'usage de bureau pour l'exercice d'une activité professionnelle, et qu'une grande partie du sous-sol et du grenier est également destinée à cette activité ;
- les locaux ne relèvent pas de la 5ème catégorie dans laquelle ils ont été placés mais de la catégorie 6.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 novembre 2019 et le 20 janvier 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Lalande, vice-président, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lalande, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme et M. A sont propriétaires d'une maison située chemin du Bas des Trois Moulins à Melun (Seine-et-Marne). Ils demandent la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2017 et 2018 à raison de leurs locaux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1388 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B et sous déduction de 50 % de son montant en considération des frais de gestion, d'assurances, d'amortissement, d'entretien et de réparation ". Par ailleurs, aux termes de l'article 324 Q de l'annexe III au même code : " Le coefficient d'entretien est déterminé conformément au barème ci-dessous : Etat d'entretien - Coefficient. Bon - Construction n'ayant besoin d'aucune réparation 1,20. Assez bon - Construction n'ayant besoin que de petites réparations 1,10. Passable - Construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité 1. Médiocre - Construction ayant besoin de réparations d'une certaine importance, encore que localisées 0,90. Mauvais - Construction ayant besoin de grosses réparations dans toutes ses parties 0,80 ".
3. Ayant été imposés pour les locaux leur appartenant suivant un coefficient d'entretien de 1, Mme et M. A demandent que ce coefficient soit fixé à 0, 80 et produisent à cet effet un constat d'huissier établi le 7 juin 2018. S'il ressort de ces éléments que certaines parties de la construction nécessitent un entretien, ainsi que des réparations ponctuelles, il résulte de l'instruction, et notamment des éléments versés en défense par le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne que le local appartenant aux requérants ne nécessite pas, au titre des deux années d'imposition en litige, de grosses réparations dans toutes ses parties, mais présente, tout au plus, des défauts permanents dus à la vétusté, qui ne compromettent pas les conditions élémentaires d'habitabilité. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a retenu un coefficient d'entretien de 1 et les requérants ne sont pas fondés à solliciter l'abaissement de ce coefficient à 0, 80.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts : " Le coefficient de situation est égal à la somme algébrique de deux coefficients destinés à traduire, le premier, la situation générale dans la commune, le second, l'emplacement particulier : Appréciation de la situation (générale ou particulière) - Coefficient de situation générale - Coefficient de situation particulière. Situation excellente, offrant des avantages notoires sans inconvénients marquants + 0,10 + 0,10. Situation bonne, offrant des avantages notoires en partie compensés par certains inconvénients + 0,05 + 0,05. Situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent 0 0. Situation médiocre, présentant des inconvénients notoires en partie compensés par certains avantages - 0,05 - 0,05. Situation mauvaise, présentant des inconvénients notoires sans avantages particuliers - 0,10 -0,10. Le coefficient de situation particulière tient compte notamment de la présence ou de l'absence de dépendances non bâties ".
5. Pour évaluer la valeur locative de la maison appartenant aux requérants, l'administration fiscale a adopté un coefficient de situation générale de 0, qui correspond à une situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent, et un coefficient de situation particulière de - 0,05, qui correspond à une situation médiocre, présentant des inconvénients notoires en partie compensés par certains avantages. Mme et M. A soutiennent que la maison est située au fond d'un bassin de rétention constitué pour absorber les crues de l'Almont, que la rue est située à proximité du centre de la Croix Rouge et d'un campement sauvage ; qu'elle n'a pas de trottoirs, et est située en zone de nuisances sonores au PLU, qui sont causées par la proximité immédiate de la nationale 105. Il résulte toutefois de l'instruction que, d'une part, la maison individuelle des requérants se situe dans une zone d'habitats individuels, et non collectifs, desservie par plusieurs axes de circulation, à proximité de plusieurs zones de commerces et non loin de lignes de transports en commun. D'autre part, la dégradation du cadre de vie résultant notamment de la détérioration du climat social, de l'insécurité et de la commission d'actes de vandalisme ne peuvent être retenus pour apprécier la situation générale des immeubles dans la commune. Dans ces conditions, et alors même que la maison est située en zone inondable, Mme et M. A ne sont pas fondés à remettre en cause la situation de leur habitation au sens de l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 324 L de l'annexe III au code général des impôts : " I. Dans la maison ou la partie principale des locaux des immeubles collectifs, on distingue, le cas échéant : / a. Les pièces, telles que salles à manger, pièces de réception diverses, chambres, pièces à usage professionnel, cuisines, et leurs annexes, telles que salles d'eau (salles de bains, de douches ou cabinets de toilette avec eau courante), cabinets d'aisance, entrée, couloirs, antichambre, à l'exclusion des éléments énumérés au b ; / b. Les garages, buanderies, caves, greniers, celliers, bûchers et autres éléments de même nature, ainsi que les terrasses et toitures-terrasses accessibles. / II. Parmi les dépendances bâties et les éléments bâtis formant dépendances, on distingue, outre des éléments de même nature que ceux énumérés au I : / Des éléments de pur agrément, tels que piscines privées, terrains de jeux ; () ". Aux termes de l'article 324 M de la même annexe : " La surface pondérée des locaux de référence est déterminée en appliquant à leur surface réelle, mesurée au sol entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur, les correctifs prévus aux articles 324 N à 324 S ". Aux termes de l'article 324 N de la même annexe : " La surface des éléments de la maison visés au b du I de l'article 324 L et celle des éléments, autres que les pièces et leurs annexes, visés au II du même article sont affectées d'un coefficient de pondération variable de 0,2 à 0,6 pour tenir compte du service rendu par chaque élément dans le cadre de la valeur d'usage du local. / () ".
7. Mme et M. A soutiennent que la surface retenue est de 88 m² alors qu'une partie de 15 m² est exclusivement utilisée à l'usage de bureau pour l'exercice d'une activité professionnelle, et qu'une grande partie du sous-sol et du grenier est également destinée à cette activité. Il résulte toutefois de l'instruction que les requérants n'établissent pas que des pièces auraient fait l'objet d'un aménagement particulier qui les distingueraient d'une pièce d'habitation, et n'auraient pas conservé, au contraire, les caractéristiques de pièces à usage d'habitation, ou de sous-sol et de grenier. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à solliciter une réduction de la surface retenue par le service.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 324 G de l'annexe III au code général des impôts : " I. La classification communale consiste à rechercher et à définir, par nature de construction (maisons individuelles, immeubles collectifs, dépendances bâties isolées), les diverses catégories de locaux d'habitation ou à usage professionnel existant dans la commune () ". Aux termes de l'article 324 H de la même annexe III au code général des impôts : " I - Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux mentionnés au tableau ci-après () / IV - Les caractéristiques physiques afférentes à chaque nature et catégorie de locaux retenus lors de la classification communale sont inscrites au procès-verbal des opérations de la révision. ". Aux termes de l'article 324 J de la même annexe III au code général des impôts : " Des locaux de référence sont choisis par nature de construction pour illustrer chacune des catégories de la classification communale et servir de termes de comparaison. Le choix porte, pour chaque catégorie, sur un ou plusieurs locaux particulièrement représentatifs de la catégorie, comprenant, le cas échéant, des dépendances bâties et non bâties d'importance moyenne par rapport à la généralité des locaux de même nature de la catégorie. / La liste des locaux de référence est inscrite au procès-verbal des opérations de la révision. ".
9. La maison appartenant aux requérants a été classée dans la catégorie 5 de la classification communale de Melun, correspondant à une situation " assez confortable ". Si les requérants font valoir qu'ils ne pensent pas " que la 5ème catégorie dans laquelle il a été placé soit la bonne, la catégorie 6 ou semblant a priori mieux adaptée ", ils n'assortissent leur moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, les requérants n'établissent pas que leur maison relèverait de la catégorie 6, qui correspond à des locaux " d'aspect ordinaire, sans caractère particulier ", construits en matériaux ordinaires ou divers, avec des pièces d'assez faible dimension, sans pièce de réception, et non de la catégorie 5, qui vise des locaux " d'aspect plus banal " que ceux d'un style classique ou régional, mais avec des pièces de dimension moyenne, et une salle de séjour. Dans ces conditions, l'ultime moyen présenté par les requérants ne peut être accueilli.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme et M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme et M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme et M. B A et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
Le magistrat désigné,
D. LALANDE
La greffière,
C. BOURGAULT La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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