Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1907003

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1907003
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre, JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 1907003 le 31 juillet 2019 et le 28 janvier 2021, la société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à raison de locaux dont elle est propriétaire au 9001 avenue Champlain à Chennevières-sur-Marne ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN soutient que le niveau des loyers pratiqués pour son local, proche du tarif MAG 1, justifie son classement dans cette catégorie, et que le local litigieux ne fait pas partie d'un même ensemble avec le centre commercial Pince Vent alors qu'ils n'entretiennent aucun lien légal ou commercial, de sorte que son local doit être regardé comme un commerce sur rue et doit à ce titre relever de la catégorie MAG 1.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er octobre 2019 et le 15 février 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II°) Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2101559 le 18 février 2021 et le 14 septembre 2021, la société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison de locaux dont elle est propriétaire au 9001 avenue Champlain à Chennevières-sur-Marne ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN soutient que le niveau des loyers pratiqués pour son local, proche du tarif MAG 1, justifie son classement dans cette catégorie, et que le local litigieux ne fait pas partie d'un même ensemble avec le centre commercial Pince Vent alors qu'ils n'entretiennent aucun lien légal ou commercial, de sorte que son local doit être regardé comme un commerce sur rue et doit à ce titre relever de la catégorie MAG 1.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 mars 2021 et 20 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Lalande, vice-président, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lalande, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN est propriétaire de locaux situés au 9001, avenue Champlain à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne). Elle demande la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020 à raison de ces locaux.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°1907003 et n°2101559 ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin de réduction :

3. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". En vertu du II de l'article 34 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, applicable aux impositions établies à compter de 2017 et codifié, depuis le 1er janvier 2018, à l'article 1498 du code général des impôts, en vue de l'évaluation de leur valeur locative, les locaux professionnels sont classés " dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination ", et à l'intérieur de chaque sous-groupe, " par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance ". Aux termes de l'article 1er du décret du 10 octobre 2011 fixant les sous-groupes et catégories de locaux professionnels en vue de l'évaluation de leur valeur locative, codifié, depuis le 1er janvier 2018, à l'article 310 Q de l'annexe 2 au code général des impôts, les locaux professionnels sont classés " selon les sous-groupes et catégories suivants : / () / Sous-groupe I : magasins et lieux de vente : Catégorie 1 : boutiques et magasins sur rue. Catégorie 2 : commerces sans accès direct sur la rue. Catégorie 3 : magasins appartenant à un ensemble commercial () ".

4. Pour demander la réduction des impositions en litige, la société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN soutient que le niveau des loyers pratiqués pour son local, proche du tarif MAG 1, justifie son classement dans cette catégorie, et que le local litigieux ne fait pas partie d'un même ensemble avec le centre commercial Pince Vent alors qu'ils n'entretiennent aucun lien légal ou commercial, de sorte que son local doit être regardé comme un commerce sur rue et doit à ce titre relever de la catégorie 1 du sous-groupe I.

5. Toutefois, d'une part, la seule circonstance que le niveau des loyers pratiqués pour son local soit proche du tarif MAG 1 ne suffit pas à remettre en cause le classement de ce local en catégorie MAG3, dès lors que les dispositions précitées de l'article 1498 du code général des impôts prévoient le classement des locaux en fonction notamment de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques. D'autre part, la requérante soutient que ses locaux ne sont pas rattachés à un ensemble commercial au sens des dispositions du I de l'article L. 752-3 du code de commerce qui prévoit que " sont regardés comme faisant partie d'un même ensemble commercial () les magasins qui sont réunis sur un même site () ". Toutefois, il résulte de l'instruction que les locaux en cause font partie d'une zone commerciale dénommée Pince Vent constituée de multiples commerces organisés autour d'un grand parking utilisé par la clientèle, et desservis par les mêmes transports en commun que les autres commerces du centre commercial Pince Vent. Dans ces conditions, les locaux en litige appartiennent bien à un ensemble commercial au sens de la catégorie MAG3.

6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de la société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de la société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SC DE L'AVENUE DE CHAMPLAIN et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.

Le magistrat désigné,

D. LALANDE

La greffière,

C. BOURGAULT La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,