Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2104462
jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2104462 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée, le 12 mai 2021, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2017, 2018 et 2019.
Elle soutient qu'elle peut bénéficier d'une demi-part supplémentaire en tant que parent ayant assumé la charge effective de sa fille pendant cinq ans, depuis sa séparation en 2008, alors qu'elle vivait seule et que sa fille avait souscrit une déclaration de revenus personnelle au titre de l'année 2012 ; s'il lui manque bien une année pour bénéficier de la demi-part supplémentaire, c'est en raison de ce qu'elle ignorait l'existence du dispositif susceptible de lui ouvrir le bénéfice d'une demi-part supplémentaire ; elle invoque le droit à l'erreur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la réclamation contentieuse de Mme A ayant été présentée le 22 avril 2021, seules les années 2018 et 2019 peuvent être examinées, les années antérieures étant prescrites en application de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ;
- le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 24 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
24 décembre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Réchard,
- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été assujettie à l'impôt sur le revenu au titre des années 2017 à 2019, conformément à ses déclarations, sur la base d'une part de quotient familial. Par une réclamation du 20 avril 2021, elle a demandé à bénéficier, au titre de ces trois années, d'une demi-part supplémentaire pour sa fille en faisant valoir qu'elle en avait assumé la charge effective entre 2008, date à laquelle elle s'est séparée de son conjoint, et 2012 alors qu'elle vivait seule. Par une décision du 23 avril 2021, l'administration fiscale a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2017, 2018 et 2019.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
2. Aux termes de l'article 195 du code général des impôts : " 1. Par dérogation aux dispositions qui précèdent, le revenu imposable des contribuables célibataires, divorcés ou veufs n'ayant pas d'enfant à leur charge, exclusive, principale ou réputée également partagée entre les parents, est divisé par 1,5 lorsque ces contribuables : / a. Vivent seuls et ont un ou plusieurs enfants majeurs ou faisant l'objet d'une imposition distincte dont ces contribuables ont supporté à titre exclusif ou principal la charge pendant au moins cinq années au cours desquelles ils vivaient seuls ; / () ". Aux termes de l'article 196 du même code : " Sont considérés comme étant à la charge du contribuable, que celle-ci soit exclusive, principale ou réputée également partagée entre les parents, à la condition de n'avoir pas de revenus distincts de ceux qui servent de base à l'imposition de ce dernier : / 1° Ses enfants âgés de moins de 18 ans ou infirmes ; / () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le bénéfice d'une demi-part supplémentaire de quotient familial est ouvert à un contribuable célibataire, divorcé ou veuf n'ayant plus aucun enfant à sa charge l'année d'imposition au titre de laquelle il le demande, à la condition qu'il ait antérieurement supporté la charge, à titre exclusif ou principal, pendant au moins cinq années au cours desquelles il vivait seul, de l'entretien d'au moins un enfant mineur ou infirme, sous réserve que cet enfant n'ait pas eu de revenus distincts au cours de cette même période. En outre, l'enfant pris en charge doit être mineur et rattaché au foyer fiscal pendant la totalité de la période de cinq ans nécessaire pour ouvrir droit au bénéfice de ces dispositions.
4. Pour refuser à Mme A le bénéfice d'une demi-part supplémentaire en application du a. du 1. de l'article 195 du code général des impôts précité au point 2. du présent jugement, l'administration fiscale a relevé que Mme A avait élevé seule sa fille mineure sur une période de quatre années, et non cinq ainsi que l'exigent ces dispositions. Il résulte de l'instruction que Mme A, séparée de son conjoint depuis 2008, et qui a eu seule la charge effective de leur fille, née en 1993, au cours des années 2008 à 2011, a déclaré ses revenus en tant que parent isolé et bénéficié de deux parts de quotient familial. Au titre de l'année 2012, sa fille, alors majeure, a opté pour une déclaration personnelle de revenus, Mme A ne bénéficiant alors plus que d'une part de quotient familial. Dans ces conditions, la fille de Mme A ayant atteint l'âge de la majorité en 2011 et n'étant plus rattachée fiscalement au foyer de Mme A au titre de l'année 2012 pour laquelle elle avait souscrit une déclaration de revenus en son nom propre, l'administration fiscale était fondée à considérer, nonobstant la circonstance que Mme A ait hébergé sa fille à son domicile au cours de l'année 2012, qu'elle n'en avait pas supporté la charge, à titre exclusif ou principal, pendant au moins cinq années au sens des dispositions précitées de l'article 195 du code général des impôts. Il suit de là que c'est à bon droit que l'administration fiscale a refusé à Mme A le bénéfice d'une demi-part supplémentaire de quotient familial pour le calcul du montant de ses cotisations d'impôt sur les revenus, au titre des années 2017 à 2019.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale, que les conclusions aux fins de réduction présentées par Mme A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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