Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2104618

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2104618
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 mai et 21 juillet 2021,

Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler le titre de pension du 25 mai 2021 en tant qu'il ne prend pas en compte pour le calcul de sa pension la bonification au titre de son fils cadet prévue au b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite.

Elle soulève les moyens suivants :

- elle ne savait pas que le type de disponibilité affectait le calcul de sa retraite alors qu'elle était en disponibilité pour élever son enfant ;

- il n'y a pas eu de versement de cotisation ;

- elle est divorcée et a eu la garde de ses deux fils ;

- elle a prolongé sa durée de travail jusqu'à soixante-sept ans afin de remédier à cette période d'inactivité ;

- il y a lieu de lui octroyer une bonification pour son enfant né en 1992.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2024, le ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le tribunal administratif de Paris est territorialement compétent pour statuer sur la demande de Mme A ;

- la requête de Mme A est irrecevable dès lors qu'elle ne contient aucun moyen ni aucune conclusion ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 19 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 19 février 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Avirvarei, conseillère ;

- les observations de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ancienne professeur des écoles hors classe, s'est vu notifier une estimation de pension le 19 avril 2021. Par un courrier du 28 avril 2021, elle a sollicité la révision de sa pension de retraite afin qu'elle soit assortie de la bonification pour son deuxième enfant né en 1992. Par une décision du 29 avril 2021, le service des retraites de l'Etat a rejeté sa demande. Par un arrêté du 25 mai 2021, Mme A s'est vu concéder un titre de pension correspondant à l'estimation notifiée le 19 avril. Par un courrier du 27 mai 2021, elle conteste le refus de la bonification pour son deuxième enfant né en 1992. Par une décision du 21 juin 2021, le directeur des services des retraites de l'Etat confirme le titre de pension concédé. Par sa requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler le titre de pension du 25 mai 2021 en tant qu'il ne prend pas en compte la bonification au titre de son fils cadet prévue au b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite.

Sur l'exception d'incompétence :

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 312-13 du même code, applicable aux pensions civiles des agents de l'Etat : " Pour les autres pensions dont le contentieux relève de la juridiction des tribunaux administratifs, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel se trouve le lieu d'assignation du paiement de la pension ou, à défaut, soit qu'il n'y ait pas de lieu d'assignation, soit que la décision attaquée comporte refus de pension, la résidence du demandeur lors de l'introduction de sa réclamation ".

3. Mme A demande l'annulation du titre de pension du 25 mai 2021 par lequel le service des retraites de l'Etat a refusé de prendre en compte, pour le calcul de sa pension, la bonification au titre de son fils cadet prévue au b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Or, d'une part, il résulte des dispositions précitées qu'une telle demande relève de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'assignation du paiement de la pension. D'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions que comporte le titre de pension du 25 mai 2021, que le comptable assignataire de la pension versée à Mme A est le centre de gestion des retraites de Paris, situé dans le ressort du tribunal administratif de Paris. Il y a lieu, par suite, et alors que l'exception d'incompétence territoriale du tribunal administratif de Melun est expressément opposée en défense, de transmettre le dossier de la requête de Mme A au tribunal administratif de Paris.

D E C I D E :

Article 1er : Le dossier de la requête de Mme A est transmis au tribunal administratif de Paris.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au président du tribunal administratif de Paris, à Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Pottier, président,

Mme Andreea Avirvarei, conseillère,

Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.

La rapporteure,

A. Avirvarei

Le président,

X. PottierLa greffière,

C. Mahieu

Pour expédition conforme,

La greffière,