Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2105705

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2105705
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juin 2021, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2019.

Il soutient que, contrairement aux mentions figurant sur ses avis d'impôts, il n'est pas divorcé ; son épouse, ressortissante sénégalaise, et ses sept enfants résident au C ; il s'est marié sous le régime de la communauté légale des biens et non sous celui de la séparation des biens et n'a pas souscrit de contrat de mariage ; il doit donc faire l'objet d'une imposition commune.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au

30 janvier 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Luneau,

- et les conclusions de Van Daële, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a été assujetti à l'impôt sur le revenu, au titre de l'année 2019, sur la base d'une part de quotient familial. Par une réclamation préalable du 29 mars 2021, il a sollicité la prise en compte de son épouse et de ses sept enfants pour le calcul des parts de son foyer fiscal. Par une décision du 21 avril 2021, l'administration fiscale a rejeté cette réclamation. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal la décharge de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu auquel il a été assujetti au titre de l'année 2019.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " 1. Chaque contribuable est imposable à l'impôt sur le revenu, tant en raison de ses bénéfices et revenus personnels que de ceux de ses enfants et des personnes considérés comme étant à sa charge au sens des articles 196 et 196 A bis. () / Sauf application des dispositions du 4 et du second alinéa du 5, les personnes mariées sont soumises à une imposition commune pour les revenus perçus par chacune d'elles et ceux de leurs enfants () ; cette imposition est établie aux noms des époux. / () / 4. Les époux font l'objet d'impositions distinctes : / a. Lorsqu'ils sont séparés de biens et ne vivent pas sous le même toit ; / () ". Il résulte de ces dispositions que dans le cas d'époux séparés de biens, l'existence d'une résidence séparée entraîne une imposition distincte, dès lors que cette résidence n'a pas un caractère temporaire.

3. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant français, a épousé Mme D, ressortissante sénégalaise, le 20 décembre 1998 à Bokiladji (C). Contrairement à ce que soutient M. A, il ne résulte pas du livret de famille, en l'absence de mention sous la rubrique " les futurs époux ont déclaré ", ni de tout autre document qu'ils se seraient mariés sous le régime de la communauté légale des biens et qu'ils auraient souscrit un contrat de mariage. Or, il est constant que le régime matrimonial prévu par la loi sénégalaise à défaut d'option est celui de la séparation de biens. Par ailleurs, et ainsi que le précise M. A, son épouse réside avec leurs enfants au C. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a estimé, en application des dispositions précitées du 4 de l'article 6 du code général des impôts, que M. A devait faire l'objet d'une imposition séparée de celle de son épouse.

4. En second lieu, en vertu de l'article 193 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 196 B, le revenu imposable est pour le calcul de l'impôt sur le revenu, divisé en un certain nombre de parts, fixé conformément à l'article 194, d'après la situation et les charges de famille du contribuable ". Aux termes de l'article 194 de ce code : " I. Le nombre de parts à prendre en considération pour la division du revenu imposable prévue à l'article 193 est déterminé conformément aux dispositions suivantes : () / Lorsque les époux font l'objet d'une imposition séparée en application du 4 de l'article 6, chacun d'eux est considéré comme un célibataire ayant à sa charge les enfants dont il assume à titre principal l'entretien. Dans cette situation, ainsi qu'en cas de divorce, de rupture du pacte civil de solidarité ou de toute séparation de fait de parents non mariés, l'enfant est considéré, jusqu'à preuve du contraire, comme étant à la charge du parent chez lequel il réside à titre principal. / () / ".

5. Il est constant que les enfants de M. A vivent avec leur mère au C. Or, M. A n'allègue ni même n'établit, alors que la charge de la preuve lui incombe, qu'il assumerait à titre principal la charge de ses enfants et que le nombre de parts pris en compte au titre du quotient familial, qui a été appliqué pour le calcul de l'imposition en litige, aurait dû être supérieur à un. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a tenu compte, pour l'établissement de l'imposition en litige, d'un quotient familial correspondant à une seule part.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2019. Les conclusions aux fins de décharge qu'il a présentées ne peuvent donc qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.

La rapporteure,

F. LUNEAU

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2105705