Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2107070
vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107070 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre, JU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 juillet 2021, le 9 décembre 2021, le 22 janvier 2022, le 25 juillet 2022, le 24 septembre 2022 et le 26 mai 2023, M. B A, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui rembourser les frais bancaires supportés à raison de la saisie administrative à tiers détenteur ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 386 euros en réparation de son préjudice, assortie d'une majoration laissé à l'appréciation du tribunal ;
3°) de condamner l'Etat à lui rembourser les frais exposés dans la procédure en application des dispositions de " l'article 700 du code de procédure civile ".
Il soutient que, en procédant à une saisie administrative à tiers détenteur alors que l'imposition était sans fondement, l'administration a commis une faute qui a généré un préjudice.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 novembre 2021, le 13 juillet 2022, le 16 septembre 2022 et le 23 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la somme demandée est excessive.
Par ordonnance du 3 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 24 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné Mme Jean, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Jean a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été assujetti à des cotisations de taxe d'habitation au titre des années 2019 et 2020, à raison d'un logement situé à Gentilly (Val-de-Marne). Pour obtenir le recouvrement de cette imposition, le comptable public du service des impôts des particuliers de Villejuif a notifié au contribuable, le 29 juin 2021, une saisie administrative à tiers détenteur. Par une réclamation en date du 9 juillet 2021, M. A a demandé à l'administration fiscale la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 et 2020. Par deux décisions en date du 9 juillet 2021 et du 29 novembre 2021, le service a prononcé le dégrèvement de la cotisation de taxe d'habitation au titre de l'année 2020, d'une part, et de la cotisation de taxe d'habitation au titre de l'année 2019, d'autre part. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal de condamner l'État au remboursement des frais bancaires supportés à raison de la saisie administrative à tiers détenteur et au versement d'une indemnisation d'un montant de de 1 386 euros en réparation du préjudice subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
3. Il résulte de l'instruction que M. A n'a pas, préalablement à la saisine du tribunal, adressé à l'administration de demande aux fins de remboursement des frais bancaires et d'indemnisation du préjudice qu'il aurait subi. Dans ces conditions, et alors au demeurant que le requérant ne justifie pas, par les pièces produites à l'instance, que la faute prétendument commise par l'administration fiscale justifierait l'allocation de la somme de 1 386 euros, ses conclusions indemnitaires sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ". M. A n'établit pas avoir exposé de frais pour l'établissement de sa requête. Il s'ensuit que ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé : A. Jean Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,