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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2108966

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2108966

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2108966
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantEYRIGNOUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er octobre 2021, 26 octobre 2021, 21 février et 6 mai 2022 et 31 janvier 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision n° 2021013167 du 28 juillet 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne l'a affecté à compter du 24 juillet 2021 au service de promotion professionnelle durant ses congés annuels et pendant la fermeture de

l'institut de formation en soins infirmiers ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne de le maintenir au sein du " pool " de suppléance pendant la fermeture de l'institut de formation en soins infirmiers et de lui verser le complément de traitement indiciaire et les primes dus sur la période allant du

24 juillet au 29 août 2021.

Il soutient que :

- en vertu de son contrat d'étude promotionnelle, il doit être traité comme les autres agents publics en activité lorsque l'institut de formation en soins infirmiers est fermé, à savoir être placé en congés annuels et percevoir, par conséquent, le complément de traitement indiciaire et les primes liées à son statut d'aide-soignant ;

- le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne a entaché la décision du 28 juillet 2021 d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation en le réaffectant au sein du service de

" promotion professionnelle " du 24 juillet au 29 août 2021 alors qu'il aurait dû être maintenu au sein du " pool " de suppléance.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 31 mars et 6 octobre 2022, le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne, représenté par son directeur en exercice, représenté par Me Eyrignoux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 3 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mars 2023 à 12 heures.

Un mémoire, présenté par M. B, et enregistré le 19 juin 2024, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n°2008-824 du 21 août 2008 ;

- le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 ;

- le décret n° 2021-1411 du 29 octobre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Luneau,

- les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique,

- et les observations de M. B et celles de Me Tricaud, substituant Me Eyrignoux, représentant le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, aide-soignant au sein du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne (CHSSM), a suivi une formation préparant au diplôme d'Etat d'infirmier au sein de

l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Samois-sur-Seine, dépendant du même centre hospitalier, laquelle s'est déroulée du 7 septembre 2020 au 7 juillet 2023 inclus et qui a été prise en charge par l'hôpital dans le cadre d'un contrat d'études promotionnelles du 26 mai 2020. Pendant la fermeture estivale de l'IFSI du 5 juillet au 29 août 2021, le CHSSM a, par une première décision n°2021013166 du 28 juillet 2021, affecté M. B au service

" unité de réanimation " du 5 juillet au 23 juillet 2021 puis par, une seconde décision n°2021013167 du même jour, a réaffecté l'intéressé au service de promotion professionnelle à compter du 24 juillet 2021. Par deux courriers électroniques des 28 et 29 septembre 2021, M. B, qui a demandé à être maintenu en service de soins pendant la fermeture de l'IFSI, doit, également, être regardé comme ayant demandé à bénéficier du complément de traitement indiciaire et des autres primes dus durant cette période. Sa demande de versement du complément de traitement indiciaire et des autres primes a été rejetée par un courrier électronique du service des ressources humaines du CHSSM. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision n°2021013167 du 28 juillet 2021.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article 1er du décret du 21 août 2008 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des agents de la fonction publique hospitalière : " La formation professionnelle tout au long de la vie comprend principalement les actions ayant pour objet : / () ; / 4° De permettre aux agents de suivre des études favorisant la promotion professionnelle, débouchant sur les diplômes ou certificats du secteur sanitaire et social dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la santé ; / () ". Aux termes de l'article 8 du même décret : " Les agents qui suivent une formation inscrite au plan de formation de l'établissement bénéficient, pendant leur temps de travail, du maintien de leur rémunération. Lorsqu'ils ont la qualité de fonctionnaire ils sont maintenus en position d'activité ou, le cas échéant, de détachement. / Dans les cas prévus aux 3° et 4° de l'article 1er, les agents conservent leur traitement, leur indemnité de résidence et leurs indemnités à caractère familial. Ils conservent les autres indemnités et primes lorsque la durée totale l'absence pendant les heures de service n'excède pas en moyenne une journée par semaine dans l'année. / () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié, dans le cadre du plan de formation du CHSSM, du dispositif " d'études promotionnelles " prévu par les dispositions du 4° de l'article 1er du décret n° 2008-824 du 21 août 2008, lui permettant de suivre la formation d'infirmier pendant trois ans, du 7 septembre 2020 au 7 juillet 2023, en vue d'obtenir la délivrance du diplôme d'Etat d'infirmier. A ce titre, l'intéressé a signé un contrat d'études promotionnelles le 26 mai 2020. Il est constant, ainsi que le fait valoir le CHSSM en défense, sans être contredit par M. B, que la durée de formation correspond à 4 200 heures sur trois ans, soit 1 400 heures par ou 200 jours annuels.

4. M. B soutient que c'est à tort que le CHSSM l'a réaffecté du 24 juillet au 29 août 2021, lors de la fermeture de l'IFSI où il suit sa formation pour le diplôme d'Etat d'infirmier, au service de promotion professionnelle alors qu'il aurait dû être maintenu au sein du " pool " de suppléance du centre hospitalier et bénéficier ainsi, comme les agents en activité, du complément de traitement indiciaire et des indemnités liées à son statut d'aide-soignant et en particulier de la " prime de sujétion, prime forfaitaire, indemnité chaussures, prime 2ème catégorie ".

5. D'une part, les agents qui bénéficient d'études promotionnelles préparatoires au diplôme d'État d'infirmier sont maintenus en position d'activité et ne se trouvent pas placés dans la même situation que les autres agents demeurant dans les services de soins et restent soumis pour la détermination de leur droit à congés annuels aux dispositions de l'article 1er du décret

n° 2002-9 du 4 janvier 2002. Par ailleurs, et dans le cas où les heures de formation proprement dites, en l'espèce les 1 400 heures annuelles, n'atteignent pas le nombre d'heures de travail d'un agent en position d'activité, soit en l'espèce 1 607 heures en application du décret du

4 janvier 2002, rien ne s'oppose donc, sous réserve du respect des droits à congés de l'agent, à ce que ce dernier soit appelé à reprendre son service durant les congés universitaires, indépendamment des heures qu'il consacre au travail personnel lié à la formation.

6. Il ressort des pièces du dossier et, notamment, de l'article 4 du contrat d'études promotionnelles signé par M. B, que, hors les quatre semaines de congés d'été et la semaine de congé de fin d'année, les semaines restantes durant lesquelles aucun enseignement n'est programmé, sont consacrées à une reprise d'activité au sein du CHSSM. Ainsi, pendant la période de fermeture de l'IFSI à l'été 2021, M. B a été appelé à reprendre son service au sein du service de réanimation du site de Fontainebleau à compter du 5 juillet 2021. Le reste du temps et pendant ses congés annuels, il a été réaffecté au sein de l'IFSI. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à contester son affectation en " promotion professionnelle " durant la période estivale et pendant ses congés, et à soutenir qu'il devait être regardé comme un

" agent aide-soignant " pendant cette période.

7. D'autre part, il résulte des dispositions précitées au point 2. du présent jugement qu'un agent public, qui bénéficie du dispositif " d'études promotionnelles " perçoit son traitement indiciaire et ses indemnités de résidence et à caractère familial. En revanche, lorsque le nombre de jours d'absence est supérieur à cinquante-deux sur l'année civile, l'agent public ne peut percevoir les indemnités et primes autres que l'indemnité de résidence et les indemnités et primes à caractère familial. Il suit de là, et en tout état de cause, qu'en suivant la formation d'infirmier dont le volume dépasse cinquante-deux jours par an, M. B ne pouvait bénéficier que du maintien de son traitement, de l'indemnité de résidence et de l'indemnité à caractère familial, sans pouvoir prétendre au versement des autres indemnités, en application de l'article 8 du décret du 21 août 2008 précité.

8. Par ailleurs, la circonstance que l'article 42 de la loi n° 2021-1754 du

23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022 ait étendu aux agents en promotion professionnelle le bénéfice du complément de traitement indiciaire, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que l'extension du bénéfice du complément indiciaire de traitement n'a pris effet qu'à compter du 1er septembre 2021.

9. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait reçu un traitement différent par rapport aux autres agents placés dans des situations similaires.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision en litige présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B, qui est la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au

centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

La rapporteure,

F. LUNEAU

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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