mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110653 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | EYRIGNOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 novembre 2021 et 16 mai 2022, M. B A, représenté par la Selarl Dbcj avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur du centre hospitalier du
Sud Seine-et-Marne a rejeté son recours gracieux tendant à l'annulation de la décision du
20 mai 2021 par laquelle il a prononcé sa révocation avec effet au 1er juin 2021 et la décision du 31 mai 2021 par laquelle il l'a radié des cadres à compter du 1er juin 2021 ;
2°) de condamner le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis, majorée des intérêts de droit à compter de la date de la première demande d'indemnisation formée le 5 juillet 2021 et capitalisation des intérêts échus à compter de cette même formalité ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son recours en responsabilité est recevable ;
- le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne a commis un fait dommageable qui engage sa responsabilité ; d'une part, la situation dangereuse constatée au sein du service justifiait l'exercice de son droit de retrait dont il a fait mention sur le cahier " danger grave et imminent " ; il se trouvait dans une situation de fragilité physique que le centre hospitalier ne peut feindre d'ignorer, qui justifiait d'autant plus l'exercice de son droit de retrait ; d'autre part, la relation qu'il a entretenue avec une patiente, avec laquelle il n'y a jamais eu de contact physique et alors qu'il était en congés depuis le 19 septembre 2020, résulte de quelques messages ; il a tenté de mettre un terme à ces échanges ; il n'a jamais eu de comportement déplacé envers un patient ou le personnel en trente ans de service ;
- il a subi un préjudice moral qui peut être évalué à la somme de 5 000 euros ; il existe un lien direct et certain entre le fait commis par le centre hospitalier et le préjudice qu'il a subi.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 21 mars 2022 et 22 janvier 2024, le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne, représenté par son directeur en exercice, représenté par Me Eyrignoux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour être tardive ;
- il ne peut lui être reproché aucune faute dès lors que la décision de sanction est fondée ; les fautes reprochées à M. A sont matériellement établies ; la sanction prononcée est proportionnée à ses manquements ; ses fautes ne sauraient être atténuées par le fait qu'il n'avait pas d'antécédent disciplinaire ; d'une part, la circonstance qu'il ait commis les faits relatifs à sa relation avec une patiente en dehors de ses heures de service est sans incidence sur le caractère fautif des faits et sur la gravité de la faute commise ; l'absence de contact physique avec la patiente est également sans incidence sur la gravité de la faute, alors au demeurant que M. A a été à l'initiative des messages grâce à des informations obtenues dans le cadre professionnel et qu'il a tenté à plusieurs reprises de la rencontrer ; d'autre part, il a exercé son droit de retrait en l'absence de danger grave et imminent et sans informer à temps sa hiérarchie ; la responsabilité du centre hospitalier ne peut en conséquence être engagée ;
- M. A, qui sollicite, dans ses conclusions, une indemnisation à concurrence de la somme de 10 000 euros au titre de son préjudice moral, ne demande, dans les développements de sa requête, que la somme de 5 000 euros ; il ne démontre pas les atteintes qu'il estime avoir subies et ne justifie donc pas de son préjudice.
Par une ordonnance du 23 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au
15 février 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Réchard,
- les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique,
- et les observations de Me Junguenet, représentant M. A, et de Me Pawlotsky, représentant le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, aide-soignant au sein du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne (CHSSM), a été affecté, en dernier lieu, au service de psychiatrie générale du secteur de Fontainebleau sur le site de Nemours. Dans la soirée du 31 janvier 2021, un patient a violemment agressé plusieurs soignants du service. Le lendemain, M. A a exercé, avec deux autres collègues, son droit de retrait dès la prise de son service à 7 h 30 et a refusé de participer, dans la matinée du 1er février 2021, au renfort au titre de la prise en charge du patient ainsi que le lui avait demandé sa hiérarchie. Par ailleurs, la directrice des ressources humaines et la coordinatrice générale des soins, qualité et relations avec les usagers de l'établissement ont été destinataires, le 19 février 2021, d'un signalement d'une psychologue du service qui a relevé qu'une patiente hospitalisée sur le secteur de Montereau depuis le 15 février 2021 avait refusé d'être transférée sur le secteur de Fontainebleau motif pris de ce qu'elle avait entretenu une relation avec M. A sur la période de décembre 2020 à janvier 2021, sous forme d'échanges de messages, constatés par la psychologue. Par une décision du 2 mars 2021, la directrice des ressources humaines du CHSSM a suspendu M. A de ses fonctions à titre conservatoire à compter du 3 mars 2021 après avoir été informée de l'existence des messages envoyés par M. A à cette patiente. Le directeur du CHSSM a, par une décision du 20 mai 2021, prononcé à l'encontre de M. A la sanction disciplinaire de la révocation à compter du 1er juin 2021 en raison, d'une part, de son comportement professionnel inadapté envers une patiente vulnérable du service de psychiatrie et, d'autre part, de l'exercice de son droit de retrait de manière inadaptée. M. A a, en conséquence, été radié des cadres par une décision du 31 mai 2021 du directeur du CHSSM. Par un courrier du 5 juillet 2021, M. A a formé un recours gracieux contre ces deux décisions et sollicité l'indemnisation du préjudice moral qu'il estimait avoir subi. Le silence gardé par le directeur du CHSSM sur ces demandes a fait naître une décision implicite de rejet de son recours gracieux et de sa demande indemnitaire. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le CHSSM a rejeté son recours gracieux et de condamner le CHSSM à lui verser la somme de 10 000 euros au titre du préjudice moral qu'il estime avoir subi.
Sur le cadre du litige :
2. M. A, qui demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le directeur du CHSSM a implicitement rejeté son recours gracieux tendant à l'annulation de la décision du 20 mai 2021 par laquelle il a prononcé sa révocation avec effet au 1er juin 2021 et de la décision du 31 mai 2021 par laquelle il l'a radié des cadres à compter du 1er juin 2021, doit être regardé comme sollicitant l'annulation de ces deux décisions. Toutefois, M. A, qui ne soulève aucun moyen au soutien de telles conclusions, sollicite uniquement, dans ses écritures, l'engagement de la responsabilité de l'administration en se prévalant de " faits dommageables " et d'un préjudice moral en lien avec ces faits. Dans ces circonstances, M. A doit être regardé comme ayant entendu donner à son recours la nature d'un recours de plein contentieux indemnitaire et comme demandant au tribunal de condamner le CHSSM à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi résultant de l'illégalité de la sanction disciplinaire de la révocation prononcée à son encontre.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute du CHSSM :
3. Toute illégalité fautive est, en principe et quelle qu'en soit la nature, susceptible d'engager la responsabilité de l'administration dès lors qu'elle présente un lien de causalité suffisamment direct et certain avec les préjudices invoqués, dont il appartient au demandeur d'établir la réalité et le bien-fondé.
4. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire, sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. () ". Aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / () / Quatrième groupe : / La mise à la retraite d'office, la révocation. / () ".
5. Pour justifier la sanction disciplinaire de la révocation prononcée à l'encontre de M. A, la directrice des ressources humaines du CHSSM, qui s'est fondée, d'une part, sur l'exercice inapproprié du droit de retrait par l'intéressé, d'autre part, sur son " comportement professionnel inadapté envers une patiente vulnérable du service de psychiatrie ", a estimé que les faits ainsi reprochés à M. A portaient atteinte à la dignité de la fonction d'aide-soignant et présentaient les caractéristiques d'une faute professionnelle grave.
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 4131-1 du code du travail, rendu applicable aux établissements de santé par l'article L. 4111-1 de ce code : " Le travailleur alerte immédiatement l'employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu'il constate dans les systèmes de protection. / Il peut se retirer d'une telle situation. / L'employeur ne peut demander au travailleur qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d'une défectuosité du système de protection ". Aux termes de l'article L. 4131-3 de ce code : " Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l'encontre d'un travailleur ou d'un groupe de travailleurs qui se sont retirés d'une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d'eux ". Aux termes de l'article L. 4132-1 du même code : " Le droit de retrait est exercé de telle manière qu'elle ne puisse créer pour autrui une nouvelle situation de danger grave et imminent ".
7. M. A soutient que, d'une part, l'imminence du danger était justifiée en raison de l'impulsivité du patient, de sa force et de ses troubles psychiatriques caractérisant la forte probabilité d'une crise à tout moment, d'autre part, il n'y avait aucun cadre supérieur sur le site au moment de l'évènement et il a inscrit une alerte sur le cahier " danger grave et imminent " et, enfin, le système de protection au sein du service est défectueux et sa situation de fragilité physique justifiaient d'autant plus son droit de retrait.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de la secrétaire du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du 9 avril 2021, qu'un patient âgé de 22 ans, hospitalisé depuis le 29 janvier 2021 au sein du service a agressé violemment plusieurs soignants dans la soirée du dimanche 31 janvier 2021. Le lendemain, M. A a exercé son droit de retrait dès la prise de son service, à 7 h 30, avec deux autres collègues. D'une part, outre les circonstances que M. A n'était pas présent dans le service lors de l'agression de ses collègues et que le patient avait été maîtrisé à l'issue de sa crise, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est d'ailleurs pas soutenu, qu'à son arrivée dans le service le 1er février 2021, M. A aurait été exposé à une nouvelle situation de violence ou de crise de ce patient. A cet égard, il résulte de l'instruction, ainsi que le fait valoir le CHSSM, que le patient n'a été agité qu'une seule fois et que M. A n'a pas cherché à savoir si des précautions particulières avaient été mises en œuvre par le service, alors que le personnel n'était pas en sous-effectif durant la matinée du 1er février 2021, et qu'un renfort avait été organisé. Les circonstances que le patient aurait été connu pour son impulsivité et ses troubles psychiatriques et que les personnels aient dénoncé depuis deux ans leurs conditions de travail dans le cadre des instances du CHSCT ne sont pas de nature à caractériser à elles seules la situation de danger grave et imminent invoquée par l'intéressé. Il suit de là que M. A, qui a exercé son droit de retrait, ne disposait pas d'un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présentait un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Si M. A allègue qu'il présentait des fragilités physiques et que les conditions de travail au sein de l'établissement de santé étaient difficiles en raison d'un manque d'effectifs, au demeurant non établies, ces éléments ne sont pas davantage de nature à caractériser le danger grave et imminent susceptible de justifier l'exercice du droit de retrait. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction que le patient a, le 1er février 2021, entre 9 h 30 et 10 h, " forcé le passage lors de la visite médicale en chambre de soins intensifs " nécessitant alors du renfort, les médecins présents ont su avoir recours aux services de police pour protéger le personnel dans la contention du patient et il ne résulte pas de l'instruction que de nouvelles blessures auraient été occasionnées lors de cet épisode. A cet égard, ainsi que le relève le CHSSM, en refusant d'apporter son concours au renfort sollicité par la cadre de santé ce matin-là, M. A a placé ses collègues en situation de danger accru. D'autre part, ainsi que le relève le CHSSM en défense, il résulte de l'instruction que M. A n'a pas respecté les dispositions précitées au point 6. du présent jugement de l'article L. 4131-1 du code du travail relatives à l'information de l'employeur dès lors qu'il s'est borné à signaler les faits de violence de la soirée du 31 janvier 2021 à la secrétaire du CHSCT et à renseigner le cahier " danger grave et imminent " sans alerter sa hiérarchie du danger grave et imminent auquel il considérait être exposé et justifiant l'exercice de son droit de retrait. Or, M. A ne conteste pas, bien qu'aucun cadre n'ait été présent physiquement au sein du service au moment de l'agression de ses collègues, que le cadre de garde comme l'administrateur d'astreinte étaient joignables et que rien ne faisait obstacle à qu'il les informe, dès son arrivée dans le service, de l'exercice de son droit de retrait. En s'abstenant d'informer immédiatement sa hiérarchie de sa décision d'exercer son droit de retrait et en ne l'en informant qu'au moment où elle était sollicitée pour un renfort, il a placé les encadrants du service dans l'obligation de trouver, en urgence, des solutions alternatives et désorganisé le service. Dans ces conditions, le CHSSM était, contrairement à ce que soutient M. A, fondé à considérer qu'en exerçant le droit de retrait de manière inadaptée, il avait commis une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire.
9. En second lieu, M. A soutient que le caractère fautif des faits qui lui sont reprochés n'est pas établi dès lors qu'ils ont été commis pendant ses congés, que les échanges se sont limités à quelques messages, sans contact physique, et qu'il n'a jamais eu de comportement déplacé en trente ans de service.
10. Il résulte de l'instruction et, notamment du rapport circonstancié du 19 février 2021 de la directrice des ressources humaines du centre hospitalier et des éléments précis produits relatifs à la chronologie des faits, que M. A a envoyé de très nombreux messages par voie électronique à une patiente en situation de grande vulnérabilité, hospitalisée dans le service de psychiatrie entre les 14 et 28 décembre 2020, sans lui avoir préalablement demandé ses coordonnées téléphoniques. Ces échanges, qui ont eu lieu pendant et après l'hospitalisation de la patiente, soit entre les 20 décembre 2020 et 14 janvier 2021, ont présenté pour nombre d'entre eux une connotation sexuelle et comportaient des propos intimes et étaient associés, pour certains, à des clichés photographiques à caractère sexuel dévoilant les parties intimes de M. A. Ces faits ont été portés à la connaissance de la psychiatre du secteur intra Montereau le 19 février 2021 alors que cette patiente, qui devait faire l'objet d'une nouvelle hospitalisation quelques semaines plus tard, avait confié à sa psychologue ne pas souhaiter retourner dans ce service en raison des messages reçus de la part M. A, qu'elle a qualifiés de " néfastes " et d'" anormaux ". M. A, qui ne conteste pas la matérialité des faits qui lui sont reprochés dès lors qu'il a reconnu dans un courrier qu'il a adressé à sa hiérarchie le 23 mars 2021, avoir commis une faute professionnelle, fait, toutefois, valoir, que ces messages ont été adressés à la patiente alors qu'il était en congés ou postérieurement à la sortie d'hospitalisation de la patiente. Toutefois, la circonstance que des agissements ont été commis par un agent public en dehors de son service et n'ont pas porté atteinte à la réputation de l'administration, faute d'avoir été divulgués, ne suffit pas à les rendre insusceptibles de justifier une sanction disciplinaire si leur gravité les rend incompatibles avec les fonctions effectivement exercées par l'intéressé. Or, alors même qu'il était en congés, M. A, qui restait placé en position d'activité, a initié une relation
extra-professionnelle avec une patiente dont la vulnérabilité était connue de lui au regard du motif de son hospitalisation en psychiatrie et du fait qu'il l'avait brièvement côtoyée avant son départ en congés, et conduisant celle-ci à refuser d'être transférée dans son service, au risque d'une mise en danger de l'intéressée. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient M. A, et ainsi que ce dernier l'avait admis dans son courrier du 23 mars 2021, le CHSSM était fondé à considérer qu'il avait commis une faute susceptible d'entraîner le prononcé d'une sanction disciplinaire.
11. Il suit de là que M. A n'est pas fondé à soutenir que le CHSSM a considéré à tort qu'il avait commis des fautes justifiant le prononcé à son encontre de la sanction disciplinaire de la révocation. Ainsi, en l'absence de toute illégalité entachant cette décision, M. A n'est pas fondé à engager la responsabilité du CHSSM.
En ce qui concerne les préjudices :
12. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3. à 11. du présent jugement qu'en l'absence de toute illégalité fautive commise par le CHSSM, M. A n'est pas fondé à être indemnisé du préjudice moral qu'il estime avoir subi.
13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le CHSSM en défense, que les conclusions indemnitaires présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHSSM a somme demandée par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A, partie perdante à la présente instance, la somme de 800 euros en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne la somme de 800 (huit-cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au
centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et de la solidarité en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026