vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200410 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 janvier et 1er juillet 2022, M. B A, représenté par Me Goeau-Brissonière, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 5 janvier 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu les conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été antérieurement accordées en qualité de demandeur d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil dans le délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou en cas de non-admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros à verser à M. A.
Il soutient que :
- l'administration n'établit pas que la convocation dont il est fait état lui a bien été notifiée ;
- il ne saurait lui être reproché de ne pas avoir répondu aux convocations qui lui ont été adressées les 23 septembre et 6 octobre 2021 dès lors que le recours qu'il avait présenté à l'encontre de l'arrêté décidant de son transfert aux autorités allemandes était pendant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2023, l'OFII, représenté par son directeur général en exercice conclut au rejet de la requête ; il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. A a été constatée par une décision n° 2022/001818 du 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Timothée Gallaud, président ;
- et les conclusions de M. Cyril Dayon, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant burkinabé, a déposé une demande d'asile le 29 avril 2021 et a accepté le même jour les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées. Par un arrêté du 16 juin 2021, le préfet de l'Essonne a décidé de sa remise aux autorités allemandes après que celles-ci ont accepté ce transfert en admettant que l'Allemagne était le pays responsable de sa demande d'asile, sur le fondement des dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013. Par une décision du 5 janvier 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu les conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été ainsi accordées. M. A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
2. Par une décision du 20 juillet 2022, la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. A a été constatée. Dans ces conditions, les conclusions présentées par ce dernier et tendant à ce que le tribunal l'admette à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet.
3. Au regard de l'incompatibilité des dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables au présent litige, avec les objectifs de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, il est possible à l'OFII de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil par une décision motivée, après examen de sa situation particulière et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, au demandeur d'asile qui a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.
4. En premier lieu, si M. A soutient qu'il n'est pas établi qu'il a été convoqué aux convocations qui lui avaient été fixées les 23 septembre 2021 et 6 octobre 2021 par la préfecture de l'Essonne, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée a reçu à cette fin une convocation qui lui a été remise en mains propres lors d'un rendez-vous en préfecture, mentionnant les dates évoquées ci-dessus. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce qu'il n'a pas été convoqué à ces rendez-vous doit être écarté.
5. En second lieu, la circonstance que, en application de l'article L. 572-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le recours qu'avait formé M. A le 26 juin 2021 à l'encontre de l'arrêté du 16 juin 2021 décidant de son transfert aux autorités allemandes, qui était pendant aux dates auxquelles il a été convoqué mais ne s'est pas présenté, avait pour effet de faire obstacle à l'exécution d'office de cet arrêté, ne dispensait pas, par elle-même, M. A de se présenter aux convocations de la préfecture. Le requérant ne fait état d'aucun élément précis qui justifierait, au regard de sa situation personnelle, qu'il se soit abstenu de déférer aux convocations qui lui avaient fixées les 23 septembre et 6 octobre 2021. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas que le directeur général de l'OFII ait fait une inexacte application des principes exposés au point 3.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles qui tendent à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Fabien Goeau-Brissonière.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
Le président-rapporteur,
T. GallaudL'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
F. BouchetLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026