Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2201089
vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201089 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre, JU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 janvier 2022, M. D A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021 à raison d'un local situé à Lognes, au 9 hameau des marronniers.
Il soutient que :
- ainsi que l'indiquent les attestations des ministres de l'économie qu'il a reçues en 2000 et 2020, la taxe d'habitation a été supprimée ; il a d'ailleurs été exonéré de la taxe d'habitation en 2020 ;
- l'un de ses enfants a déménagé le 3 août 2020, le second le 5 mars 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 février 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 24 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné Mme Jean, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Jean a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été assujetti à une cotisation de taxe d'habitation au titre de l'année 2021, à raison d'un logement situé à Lognes (Seine-et-Marne). Estimant qu'il devait être exonéré de cette taxe, il a formé une réclamation préalable le 14 novembre 2021, laquelle a été rejetée le 29 novembre 2021. Par la présente requête, il doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1407 du code général des impôts : " I. - La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () ". Aux termes de l'article 1408 du même code : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables () ". Aux termes de l'article 1415 de ce même code, dans sa rédaction applicable au présent litige : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".
3. M. A B soutient que c'est par erreur que ses deux fils ont mentionné, sur leur déclaration de revenus 2020, son adresse comme étant celle de leur résidence principale au 1er janvier 2021. Toutefois, s'il produit à l'instance des quittances de loyers de M. E A B concernant les mois de janvier à avril 2021 et un contrat de bail conclu par M. C A B avec une date d'effet au 21 avril 2021, mentionnant des adresses différentes, ces éléments sont insuffisants pour établir que ses deux fils ne résidaient pas avec lui dans le logement sis à Lognes au 9 hameau des marronniers au 1er janvier 2021, alors qu'ils ont renseigné cette adresse comme étant celle de leur résidence principale dans leur déclaration de revenus 2020 et qu'il n'est pas contesté qu'ils n'avaient pas signalé de changement d'adresse à l'administration fiscale à la date du 24 février 2022. Il s'ensuit que c'est à bon droit que l'administration fiscale a pris en compte leur présence pour établir l'imposition en litige.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Il en est de même lorsque, dans le cadre d'un examen ou d'une vérification de comptabilité ou d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, et dès lors qu'elle a pu se prononcer en toute connaissance de cause, l'administration a pris position sur les points du contrôle, y compris tacitement par une absence de rectification. / Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ".
5. A supposer que le requérant ait entendu se prévaloir des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, les courriers des ministres de l'économie relatifs à la suppression de la taxe d'habitation, qu'il a reçus en 2000 et 2020, ne comportent aucune interprétation formelle d'un texte fiscal au sens de ces dispositions. Par ailleurs, la circonstance que le requérant a été exonéré de la taxe d'habitation en 2020 est sans incidence sur l'établissement de la taxe d'habitation au titre de l'année 2021.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander la décharge de l'impositions en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé : A. Jean Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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