mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201462 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FAUVEAU IVANOVIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2022, M. A B, représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 portant rejet du recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé contre la décision du 16 novembre 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, et de lui verser rétroactivement, à compter du 16 novembre 2021, les allocations pour demandeur d'asile, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au directeur général de l'OFII de réexaminer sa demande ;
4°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fauveau Ivanovic, son conseil, de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en ce qu'il n'a pas été informé de ses droits et obligations et des conséquences d'un refus des propositions par écrit et dans une langue qu'il comprend et que la notification de l'obligation de se présenter au CAES ADOMA à Besançon ne lui a été communiquée qu'en français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation, notamment sa condition de vulnérabilité ;
- la décision procède d'une appréciation erronée de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, l'OFII, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/988 du 16 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan, a sollicité l'asile au guichet unique des demandeurs d'asile le 16 novembre 2021. Il s'est vu remettre une offre de prise en charge le même jour et s'est vu, à cette occasion, notifier une orientation en hébergement au CAES ADOMA à Besançon qu'il a refusée. Par une décision du même jour, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 13 décembre 2021, dont M. B demande l'annulation, le directeur général de l'OFII a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé contre la décision du 16 novembre 2021.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Si M. B sollicite, dans le cadre de sa requête, son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il ressort des pièces du dossier que son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été prononcée par une décision du président du bureau de l'aide juridictionnelle en date du 16 mars 2022. Dès lors, ses conclusions tendant à ce que le tribunal l'admette à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes applicables et mentionne que les conditions matérielles d'accueil ont été refusées à M. B au motif qu'il avait refusé, sans motif légitime, l'orientation dans un hébergement à Besançon et que la proposition d'orientation a été faite lors de l'entretien de vulnérabilité en présence d'un interprète en pachtoun. Cette décision, qui n'a pas à faire référence de l'ensemble des éléments caractérisant la situation de M. B, comporte, ainsi, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée au sens des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. "
5. Il ressort des pièces du dossier que le 16 novembre 2021, M. B a été assisté d'un interprète en langue pachtoun lors de l'entretien d'évaluation de sa vulnérabilité réalisée par l'OFII, qu'il a signé le même jour un document intitulé " offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil " dans lequel il a certifié avoir été informé dans une langue qu'il comprenait les conditions et modalités de refus et de cessation des conditions matériels d'accueil et que s'il acceptait l'offre de prise en charge, il s'engageait à accepter tout hébergement proposé ou toute orientation régionale, qu'était indiqué dans ce même document l'adresse de l'hébergement proposé à Besançon, et qu'enfin, M. B a refusé expressément de bénéficier des conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision en litige a été prise au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur général de l'OFII n'ait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant ainsi qu'à l'évaluation de sa vulnérabilité alors qu'il disposait du compte rendu de l'entretien tendant à évaluer la vulnérabilité organisée lors de l'enregistrement de la demande d'asile le 16 novembre 2021 et le compte rendu d'un second entretien le 3 décembre 2021 ainsi que les observations formulées par M. B dans le cadre de son recours administratif préalable obligatoire le 25 novembre 2021.
7. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 551-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration détermine la région de résidence en fonction de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région en application du schéma national et en tenant compte des besoins et de la situation personnelle et familiale du demandeur au regard de l'évaluation prévue au chapitre II du titre II et de l'existence de structures à même de prendre en charge de façon spécifique les victimes de la traite des êtres humains ou les cas de graves violences physiques ou sexuelle. " Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. "
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'un entretien le 16 novembre 2021 dans une langue qu'il comprend au cours duquel il a déclaré être hébergé par son beau-frère chez lequel il a souhaité rester malgré la proposition d'hébergement qui lui était faite par l'OFII et que, au cours des entretiens d'évaluation de sa vulnérabilité par l'OFII des 16 novembre et 3 décembre 2021, le requérant n'a fait état d'aucun facteur particulier de vulnérabilité. Enfin, le requérant n'apporte aucun élément de nature à démontrer l'existence d'une vulnérabilité particulière. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, en dépit de son refus de la proposition d'hébergement, le directeur général de l'OFII a fait une appréciation erronée de sa situation particulière.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles qui tendent à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026