Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2204104

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2204104
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre, JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 avril et le 25 juin 2022, M. C B doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision portant refus de fabrication de son permis de conduire ;

2°) de mettre à la charge de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) des dommages et intérêts.

Il soutient, d'une part, que, s'il s'est vu délivrer son permis de conduire, il ne comprend pas pourquoi sa demande est demeurée si longtemps en attente et, d'autre part, que ce long délai d'attente lui a causé des préjudices.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2022, la directrice de l'Agence nationale des titres sécurisés conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir, d'une part, l'irrecevabilité de la requête en tant qu'elle est dirigée contre une administration incompétente et, d'autre part, le non-lieu à statuer dès lors que le requérant s'est vu délivrer son permis de conduire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- le décret du 22 février 2007 portant création de l'Agence nationale des Titres sécurisés ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant, d'une part, l'annulation de la décision portant refus de fabrication de son permis de conduire et, d'autre part, de mettre à la charge de l'Agence nationale des titres sécurisés des dommages et intérêts.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 24 mai 2022, le service instructeur du ministère de l'intérieur, pris en la préfecture de Seine-et-Marne, a validé la demande de permis de conduire formulée par l'intéressé, qui confirme la bonne réception de son titre dans le mémoire du 25 juin 2022. Par suite, les conclusions à fin d'annulation sont devenues sans objet.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

4. Si le requérant demande que la commune de l'Agence nationale des titres sécurisés soit condamnée à lui verser des dommages et intérêts en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait du délai d'attente auquel il a été confronté, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait fait précéder de telles conclusions d'une demande préalable conformément aux dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative et, d'autre part, il n'établit ni la nature ni l'importance des préjudices qu'il allègue. Dès lors le contentieux n'étant pas lié et en l'absence de préjudices établis, les conclusions précitées sont irrecevables.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la directrice de l'Agence nationale des titres sécurisés et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.

La magistrate désignée,

N. MULLIELa greffière,

C. ROUILLARD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,