Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2204329
vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204329 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 29 avril 2022, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis la requête de M. B au tribunal administratif de Melun, territorialement compétent.
Par une requête, enregistrée le 21 avril 2022 par le greffe du tribunal administratif de Nantes, M. C B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 août 2019 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé partiellement d'échanger son permis de conduire malgache contre un permis de conduire français, ensemble la décision du 19 décembre 2020 portant rejet implicite de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'échange de son permis de conduire malgache contre un permis de conduire français, ou à défaut de procéder au réexamen de sa demande.
Il soutient, d'une part, qu'il a fourni le certificat de visite médicale requis pour la demande d'échange de permis dans les catégories C et D et, d'autre part, que le permis B n'est pas soumis à l'obligation d'effectuer une visite médicale, du fait de son caractère permanent et malgré l'ajout manuel sur son permis de conduire malgache de l'indication B dans les catégories pour lesquelles le permis délivré est temporaire et soumis à la réalisation d'une visite médicale, ce qui est constitutif d'une erreur.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2022, le préfet de la région Pays de Loire, préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient, d'une part, que la requête est tardive et, d'autre part, que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés, dès lors que le permis de conduire malgache du requérant, s'agissant de la mention B, n'était plus valide au moment du dépôt de la demande.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.
Un mémoire produit par M. B a été enregistré le 25 juin 2024. Il n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 du ministre de l'équipement, des transports et du logement fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les observations de M. B qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ;
- le ministre de l'intérieur n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malgache, a déposé le 5 février 2018 une demande d'échange de son permis de conduire malgache n° 378685T délivré le 16 octobre 2007 contre un permis de conduire français. Par une décision du 14 octobre 2019, le préfet de la Loire-Atlantique a partiellement refusé de procéder à cet échange. Par une décision du 19 décembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a implicitement rejeté le recours gracieux formé par M. B le 19 octobre 2020. Le requérant demande l'annulation de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'article R. 421-5 du même code dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé.
4. Le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir que la requête de M. B est tardive. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que la décision initiale de refus a été réputée notifiée le 30 septembre 2020, que M. B a formé un recours gracieux le 19 octobre 2020 et que celui-ci a été implicitement rejeté le 19 décembre 2020 et, d'autre part, que la décision initiale, produite au dossier par le requérant, comportait la mention des voies et délais de recours. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation des décisions du préfet de la région Pays de la Loire en date du 14 octobre 2019 et 19 décembre 2020 portant refus d'échange de son permis de conduire malgache contre un permis de conduire français sont tardives et, par suite, irrecevables.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la région Pays de la Loire, préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La magistrate désignée,
N. MULLIELa greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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