Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2211048
vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2211048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Faty, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 septembre 2022 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision rejetant sa demande d'octroi de la subvention " MaPrimeRénov' " ;
2°) d'enjoindre à l'administration à lui verser une somme de 5 240,70 euros au titre des primes et aides gérées par l'administration et en réparation du préjudice subi ;
3°) de condamner l'administration à lui verser une somme de 2 000 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence subis ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet contestée n'est pas motivée ;
- l'indication par l'administration de ce que l'adresse mentionnée dans le relevé fiscal ne serait pas dans la même région que l'adresse de la requérante est erronée et ne peut fonder un refus dès lors qu'elle n'a commis aucune faute qui serait de nature à compromettre l'éligibilité de son projet d'isolation aux primes et aides gérées par l'administration ;
- elle a droit à l'aide sollicitée d'un montant de 5 240,70 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2024, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation, au rejet pour irrecevabilité des conclusions indemnitaires et au rejet des conclusions tendant à mise à sa charge des frais d'instance.
Elle soutient que :
- le recours administratif préalable obligatoire de la requérante a été accepté par une décision du 12 décembre 2022, un dossier de régularisation a été créé et la prime d'un montant de 5 240,70 euros lui a été versée le 26 janvier 2023 ;
- les conclusions indemnitaires de la requérante sont irrecevables en l'absence de décision liant le contentieux, le recours administratif préalable obligatoire formé par la requérante ne pouvant en tenir lieu, en tout état de cause, aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'État n'est établie.
Par une lettre du 29 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 4 mars 2024 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 8 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dutour, conseillère,
- et les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 octobre 2022, Mme B a sollicité l'octroi de la prime de transition énergétique afin de réaliser des travaux de rénovation énergétique destinés à l'isolation thermique des murs de son logement par l'extérieur et l'installation d'une pompe à chaleur air / eau et d'un chauffe-eau thermodynamique. La requérante a formé un recours administratif préalable obligatoire reçu le 18 juillet 2022, qui a été implicitement rejeté par une décision de la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision rejetant sa demande d'octroi de la subvention " MaPrimeRénov' ".
Sur l'exception de non-lieu opposées par l'Agence nationale de l'habitat en défense sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Postérieurement à l'introduction de la requête, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a décidé de verser à Mme B la prime de transition énergétique d'un montant de 5 240,70 euros qu'elle sollicitait. La requérante ne conteste pas avoir reçu le versement de cette prime. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 18 septembre 2022 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision rejetant sa demande d'octroi de la subvention " MaPrimeRénov' " sont devenues sans objet en cours d'instance. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Il résulte de ce qui précède qu'aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'État n'est établie. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions indemnitaires présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-l du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 18 septembre 2022 de la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat.
Article 2 : L'État versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de 1'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
Mme Dutour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.
La rapporteure,
L. DUTOURLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière