Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2211376

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2211376
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre, JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 novembre 2022, M. C B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 mars 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger son permis de conduire sri lankais contre un permis de conduire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'échange de son permis de conduire sri lankais contre un permis de conduire français ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande.

Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'un accord de réciprocité existait à la date d'introduction de sa demande, le 7 janvier 2019, entre la France et le Sri Lanka, qui a été rompu le 1er avril 2019.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2022, le préfet de la région Pays de Loire, préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés dès lors que, à la date de la décision attaquée, aucun accord formel de réciprocité n'existait entre la France et le Sri Lanka en matière d'échange de permis de conduire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 du ministre de l'équipement, des transports et du logement fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant sri lankais ayant le statut de réfugié, a déposé le 7 janvier 2019 une demande d'échange de son permis de conduire sri lankais n° B190346 délivré le 4 avril 2014 contre un permis de conduire français. Par une décision du 12 mars 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à cet échange. M. B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un État ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3 Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé ". Pour l'application de ces dispositions, l'article 5 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen dispose que : " I. - Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un État n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes :/ A. - Avoir été délivré au nom de l'État dans le ressort duquel le conducteur avait alors sa résidence normale, sous réserve qu'il existe un accord de réciprocité entre la France et cet État conformément à l'article R. 222-1 du code de la route. Seul le dernier titre délivré peut être présenté à l'échange () ".

3. En l'espèce, M. B est titulaire d'un permis de conduire délivré par le Sri Lanka, État n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'Espace économique européen et avec lequel la France n'a pas, à la date de la décision attaquée soit le 12 mars 2020, conclu d'accord de réciprocité d'échange de permis de conduire. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le préfet de la région Pays de la Loire a refusé de procéder à cet échange.

4. Sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du préfet de la région Pays de la Loire en date du 12 mars 2020 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la région Pays de la Loire, préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.

La magistrate désignée,

N. MULLIELa greffière,

C. ROUILLARD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,