Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2212007
jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212007 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET MONTMARTRE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête n° 2212007 enregistrée le 13 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Tisserant, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 juin 2022 notifiée le 14 novembre 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " salarié " dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle au regard des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la délivrance de l'autorisation provisoire de séjour emporte l'abrogation implicite de cette décision ;
- elle est illégale par exception tirée de l'illégalité de la décision portant refus de séjour sur laquelle elle est fondée ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa vie privée et familiale ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 1er septembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 4 octobre 2023 sans information préalable.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été prise le 9 janvier 2024.
II- Par une requête n° 2310638 enregistrée le 10 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Tisserant, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 août 2023 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " salarié " sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ou sur le fondement du pouvoir discrétionnaire du préfet, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente de la fabrication de son titre, un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- en violation des articles L. 211-2 et L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, la décision attaquée n'est pas motivée dès lors que sa demande du 28 août 2023 de communication des motifs de la décision étant restée sans réponse ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-tunisien et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa vie privée et familiale.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 9 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er février 2024 sans information préalable.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été prise le 8 février 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au courant de l'audience publique :
- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
- et les observations de Me Tisserant, représentant M. B.
Deux notes en délibéré présentées pour M. B, par Me Tisserant, ont été enregistrées le 6 mai 2024. Elles n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité tunisienne, entré en France en mai 2011 sous couvert d'un visa délivré par les autorités belges, a sollicité une demande de titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 17 juin 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B a déposé une nouvelle demande titre de séjour sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien reçue le 14 avril 2023 dans les services de la préfecture. Le silence gardé sur cette demande pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet le 14 août 2023. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 17 juin 2022 ainsi que de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour née le 14 août 2023.
2. Les requêtes n° 2212007 et n° 2310638 présentent à juger de la légalité de deux décisions qui concernent M. B et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 juin 2022 :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2021/656 du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation à Mme Mireille Larrede, secrétaire générale de la préfecture du Val-de-Marne, pour signer l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision est insuffisamment motivée. La décision litigieuse vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables et rappelle les principaux éléments de la situation administrative, familiale et personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions attaquées, ni d'aucune autre pièce du dossier, que la préfète du Val-de-Marne n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B notamment au regard de l'accord franco-tunisien et de l'article 8 de la convention européenne des libertés fondamentales, avant de prendre la décision attaquée, alors même que le requérant a sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation du requérant doit être écarté.
6. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er (), reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention " salarié ". / () ". D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
7. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du large pouvoir d'appréciation dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
8. D'une part, il résulte des stipulations précitées de l'article 3 de l'accord franco-tunisien que la délivrance d'un titre de séjour " salarié " sur ce fondement est subordonné à la possession par l'étranger d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes. En l'espèce, il n'est pas contesté que M. B ne possède pas un tel contrat de travail. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de cet accord ne peut qu'être écarté.
9. D'autre part, M. B, qui ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer un titre de séjour " salarié ", peut être regardé comme invoquant la méconnaissance par le préfet de son pouvoir de régularisation. Il soutient qu'il est entré en France en mai 2011 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités belges, qu'il y réside depuis cette date sans discontinuer, qu'il travaille en qualité d'ouvrier professionnel des travaux publics à temps plein pour la société Urban Environnement depuis le 6 juillet 2021 et que son employeur a transmis une demande d'autorisation de travail le concernant le 25 janvier 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B n'établit sa résidence habituelle en France que depuis le 5 juillet 2021, date de signature de son contrat à durée déterminée. Par ailleurs, si son contrat de travail a été modifié à deux reprises pour être prolongé jusqu'au 28 février 2023 et qu'il produit la totalité de ses bulletins de paye de juillet 2021 à novembre 2022, ces éléments ne suffisent pas, eu égard à leur caractère récent, à caractériser une insertion professionnelle stable et ancienne en France justifiant que la préfète du Val-de-Marne fasse usage de son pouvoir de régularisation à l'endroit du requérant. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. M. B, dont il n'est pas contesté qu'il est célibataire et sans charge de famille, ne démontre pas qu'il serait dépourvu de toute attache familiale ou privée dans son pays d'origine. Ainsi et eu égard aux circonstances rappelées au point 9, la préfète du Val-de-Marne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et la décision fixant le pays de destination :
12. Il ressort des pièces du dossier que le 14 novembre 2022, la préfète du Val-de-Marne a délivré un récépissé de demande de titre de séjour à M. B valable jusqu'au 13 mai 2023. La délivrance de ce récépissé valant autorisation provisoire de séjour postérieurement à l'éduction d'une obligation de quitter le territoire français a, implicitement mais nécessairement, pour effet d'abroger la mesure d'éloignement, même si elle a été notifiée postérieurement. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination, dès lors qu'elles sont désormais dépourvues d'objet.
13. Il résulte de ce qui précède, qu'il n'y a plus de lieu de statuer sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination et que, pour le surplus, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 juin 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet née le 14 août 2023 :
14. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui travaille en qualité d'ouvrier professionnel des travaux publics à temps plein pour la société Urban Environnement depuis le 6 juillet 2021, a obtenu une autorisation de travail le 9 mai 2023 pour un contrat à durée indéterminée en qualité d'ouvrier polyvalent d'entretien des bâtiments au sein de cette société à compter du 1er mai 2023. Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne a méconnu l'article 3 de l'accord franco-tunisien et a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation professionnelle.
15. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, que la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Il résulte des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et de tout ce qui précède que le présent jugement, qui annule l'arrêté de la préfète du Val-de-Marne, implique nécessairement, eu égard à ses motifs, que la préfète du Val-de-Marne, ou tout autre préfet territorialement compétent, délivre au requérant un titre de séjour portant la mention " salarié ", sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de fait de l'intéressé. Par suite, il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige dans les deux instances :
17. Dans l'instance n° 2212007, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
18. En revanche, dans l'instance n° 2310638, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2212007 de M. B dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du 17 juin 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2212007 est rejeté.
Article 3 : La décision implicite de la préfète du Val-de-Marne rejetant la demande de titre de séjour de M. B est annulée.
Article 4 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B, un titre de séjour en qualité de salarié, sous réserve d'un changement dans la situation de l'intéressé, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : L'État versera à M. B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2310638 est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La rapporteure,
J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Nos 2212007