Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2300046

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2300046
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 janvier 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 11 957,19 euros ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne de lui accorder la remise totale de sa dette.

Elle soutient qu'elle est dans l'incapacité de rembourser cette dette dès lors que son mari ne touche aucun salaire, qu'elle ne perçoit qu'une somme de 1 016 euros par mois, qu'elle a deux enfanst dont un en situation de handicap nécessitant de nombreux soins médicaux non remboursés et qu'elle doit payer un loyer de 1 350 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 mars 2023, la caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère, a présenté son rapport au cours de l'audience publique.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Une note en délibéré, présentée par Mme A, a été enregistrée le 29 juin 2024 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A est allocataire de la prime d'activité. Le 27 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne l'a informée d'un indu d'allocation logement familiale et de prime d'activité d'un montant total de 14 858,19 euros pour la période allant du 1er novembre 2020 au 31 juillet 2022. Mme A a demandé une remise gracieuse de cette dette. Par une décision du 2 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales Val-de-Marne a accordé concernant l'indu d'allocation logement familiale d'un montant de 2 901 euros une remise partielle de 1 450,50 euros. Une décision implicite de rejet concernant sa demande de remise de dette de l'indu de prime d'activité d'un montant de 11 957,19 euros est née du silence de la caisse d'allocations familiales. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette décision implicite et de lui accorder une remise totale de sa dette de prime d'activité.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse totale ou partielle en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. En l'espèce, Mme A soutient qu'elle est dans l'incapacité de rembourser cette dette de prime d'activité dès lors que son mari ne touche aucun salaire, qu'elle ne perçoit qu'une somme de 1 016 euros par mois, qu'elle a deux enfants, dont l'un, en situation de handicap, nécessite de nombreux soins médicaux non remboursés, et qu'elle doit payer un loyer de 1 350 euros. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, en l'absence de production de justificatifs permettant d'apprécier les ressources et charges de son foyer à la date de la présente décision, malgré l'invitation que le tribunal lui a adressée en ce sens par un courrier du 6 juin 2024, et alors que la caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne soutient, sans être contredite, que les ressources mensuelles du foyer s'élèvent à 3 513 euros et que le montant mensuel total des aides versées par la caisse au foyer s'élève à 880,04 euros, que sa situation financière, au regard notamment de l'échelonnement des échéances de remboursement de la dette qui pourrait le cas échéant lui être accordé par la caisse s'il était demandé, serait telle qu'il y aurait lieu de lui accorder une remise totale ou partielle de sa dette de prime d'activité d'un montant de 11 957,19 euros.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au directeur de la caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Pottier, président,

Mme Andreea Avirvarei, conseillère,

Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.

La rapporteure,

J. Darracq-Ghitalla-Ciock

Le président,

X. Pottier

La greffière,

A. Starzynski

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement

Pour expédition conforme,

La greffière,