Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2304017
jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2304017 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés le 21 avril 2023 et le 26 juin 2023, M. B A conteste la décision par laquelle sa demande d'échange de permis de conduire algérien contre un permis de conduire français a été rejetée.
Vu :
- la lettre du 19 juin 2023 adressée par le greffe du tribunal à M. A l'invitant à régulariser sa requête en produisant la décision attaquée ;
- la lettre du 28 juin 2023 adressée par le greffe du tribunal à M. A l'invitant à régulariser le dépôt de son mémoire et des pièces, enregistrés le 26 juin 2023, par voie électronique par le biais de l'application Télérecours citoyens ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque () elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (). ". Et selon l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. (). ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'une requête doit être dirigée contre une décision et qu'elle est irrecevable et peut être rejetée sans instruction contradictoire si le demandeur n'a pas joint une copie de cette décision et n'a pas donné suite à la demande de régularisation qui lui a été adressée en ce sens.
3. Aux termes de l'article R. 414-2 dudit code : " Les personnes physiques et morales de droit privé non représentées par un avocat, autres que celles chargées de la gestion permanente d'un service public, peuvent adresser leur requête à la juridiction par voie électronique au moyen d'un téléservice accessible par le réseau internet. Ces personnes ne peuvent régulièrement saisir la juridiction par voie électronique que par l'usage de ce téléservice. Les mémoires et pièces ultérieurement produits doivent être adressés à la juridiction au moyen de ce même téléservice, sous peine d'être écartés des débats à défaut de régularisation dans un délai imparti par la juridiction. ". Aux termes de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative : " Lorsqu'une partie a accepté, pour une instance donnée, l'utilisation du téléservice mentionné à l'article R. 414-6, la juridiction peut lui adresser par cette application, et pour cette instance, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre. / Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été ainsi adressé, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles ". Enfin, son article R. 612-1 dispose que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ".
4. La requête présentée par M. A n'est pas accompagnée de la décision par laquelle sa demande d'échange de permis de conduire algérien contre un permis de conduire français a été rejeté. Aussi, par un courrier recommandé du 19 juin 2023, dont il a accusé réception le 23 juin 2023, le requérant a été invité à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours. En réponse, M. A a transmis par voie postale le 26 juin 2023 un mémoire de régularisation accompagné de diverses pièces, dont la copie d'un courriel du 9 février 2023 l'informant du rejet de sa demande d'échange de permis de conduire algérien contre un permis de conduire français et l'invitant à se connecter sur son compte ANTS pour connaître le motif du rejet de sa demande.
5. Toutefois, l'intéressé s'est inscrit à l'application Télérecours citoyen le 23 juin 2023 et était tenu, dès lors et à compter de cette date, de déposer tout mémoire ou pièce via cette application, conformément aux prescriptions de l'article R. 414-2 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, M. A a été invité, par courrier du 28 juin 2023 mis à sa disposition le même jour, à déposer son courrier de régularisation du 23 juin 2023 par voie électronique par le biais de l'application Télérecours citoyen en application de l'article R. 414-2 du code de justice administrative. En application des dispositions précédemment rappelées de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, M. A est réputé avoir pris connaissance de cette demande deux jours après sa mise à disposition dans l'application Télérecours citoyen. A ce jour, l'intéressé n'a pas procédé à la régularisation demandée le 28 juin 2023 et, par suite, les pièces produites les 26 juin 2023 sont écartés des débats.
6. En tout état de cause, le courriel d'information du 9 février 2023 l'informant du rejet de sa demande d'échange de permis de conduire algérien contre un permis de conduire français ne constitue pas en tant que telle une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
7. Dans ces conditions, la requête de M. A, qui n'a pas été régularisé dans le délai imparti, est manifestement irrecevable. Il y a lieu dès lors lieu de la rejeter par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Melun, le 11 juillet 2024.
La présidente
C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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