Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 23 avril 2023, 8 novembre 2023 et 19 décembre 2023, M. et Mme C..., représentés par l’EURL Uzan, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 en principal et intérêts ;
2°) de condamner l’Etat à leur verser les intérêts moratoires au taux légal à compter du jour de leur paiement en application de l’article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à leur profit de la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 7 novembre 2023 et 19 décembre 2023, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».
2. Aux termes de l’article R. 199-1 du livre des procédures fiscales : "L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur sa réclamation... ».
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l'action introduite devant un tribunal administratif, d'établir que le contribuable a reçu notification régulière de la décision prise sur sa réclamation. En cas de retour à l'administration du pli contenant la notification, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, de deux avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste.
4. Il ressort des pièces du dossier que le directeur des services fiscaux de Seine-et-Marne a rejeté, par décision du 29 juin 2021, la réclamation de M. et Mme C... relative aux impositions supplémentaires à l’impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 et que cette décision a été notifiée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Il ressort des mentions portées sur l’enveloppe contenant cette décision, envoyée à la dernière adresse connue de l’administration telle que portée à sa connaissance par le destinataire que le pli a été distribué le 6 juillet à M. et Mme C....
5. D’une part, M. et Mme C... soutiennent que l’administration fiscale n’apporte pas la preuve d’une notification régulière de la décision de rejet de leur réclamation, dès lors que si l’accusé de réception comporte la mention du jour et du mois de cette distribution, il n’en mentionne pas l’année. Toutefois, eu égard à la date de la réclamation adressée par M. et Mme C... et à la date à laquelle ils ont déposé leur recours devant le tribunal, ce pli contenant le rejet de leur réclamation préalable ne peut leur avoir été adressé qu’à deux dates, à savoir soit le 6 juillet 2021, soit le 6 juillet 2022. Il s’ensuit quelle que soit l’année à laquelle ce pli a été distribué à M. et Mme C..., ceux-ci étaient tardifs lorsqu’ils ont saisi le tribunal administratif le 23 avril 2023, le tribunal administratif ayant été saisi plus de deux mois après la réception du rejet de la réclamation préalable.
6. D’autre part, lorsque l’accusé de réception porte de manière lisible la signature du destinataire, il lui appartient, s’il soutient que cette signature n’est pas la sienne, d’en apporter la preuve. Si M. et Mme C... soutiennent que la signature apposée sur l’accusé de réception ne correspond pas à celle qui figure sur certaines pièces du dossier, ils n’apportent aucun élément permettant d’établir que l’avis d’accusé de réception du pli recommandé, portant notification du rejet de leur réclamation, aurait été signé par un tiers qui n’avait pas qualité pour recevoir ce pli. En tout état de cause, la signature figurant sur le rejet de leur réclamation correspond également à celle qui a été apposée sur l’avis de réception de la demande d’éclaircissements n° 2172. Dans ces conditions, la décision de la directrice des services fiscaux doit être regardée comme ayant régulièrement été notifiée à la date du 6 juillet 2021 et par suite, comme ayant fait courir, à compter de cette date, le délai de deux mois dont disposaient M. et Mme C... pour saisir le tribunal administratif. Par suite, la demande de M. et Mme C... tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017, enregistrée le 23 avril 2023, soit bien après l’expiration du délai de deux mois qui a couru à partir du 7 septembre 2021, est tardive et, par suite, irrecevable. Elle doit donc être rejetée en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... C..., Mme B... C... et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 1er juillet 2026.
La présidente de la 10ème chambre,
M. A...
La République mande et ordonne à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière