Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2306591

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2306591
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juin 2023 et un mémoire enregistré le 7 juillet 2023, M. A, représenté par Me Lengrand, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, afin qu'il se voie délivrer un récépissé, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que :

- il est entré en France en 2016 alors qu'il était âgé de quatorze ans et y réside depuis ; il a obtenu un titre de séjour en qualité d'étudiant à sa majorité, valable du 15 novembre 2021 au 14 novembre 2022 ; il en a sollicité le renouvellement le 24 août 2022 et s'est vu remettre une attestation de prolongation d'instruction valable du 3 février 2023 au 2 mai 2023 ; il n'a plus eu aucune nouvelle depuis en dépit des demandes de renouvellement de récépissé qu'il a présentées ;

- la situation d'urgence est remplie dès lors qu'il a passé son baccalauréat professionnel et est préinscrit en laternance pour la prochaine année scolaire ; la carence de l'administration le prive de la possibilité de mener à bien ses études ;

- la mesure sollicitée est utile eu égard aux dysfonctionnements auxquels il se heurte ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- si la préfecture fait valoir en défense que sa demande a été acceptée, il n'a reçu aucune convocation pour que son titre de séjour lui soit remis, et ne s'est vu délivrer aucune attestation de prolongation d'instruction

Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2023, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

La préfète du Val-de-Marne indique avoir accepté la demande de titre de séjour du requérant et que son titre de séjour est en cours de fabrication.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire

1. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2023 du bureau d'aide juridictionnelle. Il n'y a par suite plus lieu de statuer sur les conclusions qu'il présente en vue d'être admis au bénéfice de cette aide à titre provisoire.

Sur les autres conclusions :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".

4. Il résulte de l'instruction que la préfète du Val-de-Marne a accueilli favorablement, le 7 juillet 2023 le renouvellement du titre de séjour portant la mention " étudiant " de M. A pour la période du 15 novembre 2022 au 14 novembre 2023. Si M. A a fait valoir, en juillet 2023, que cette décision ne s'était accompagnée ni de la remise du titre de séjour, ni de la délivrance d'un récépissé ou d'une attestation de prolongation d'instruction, il ne justifie à la date de la présente ordonnance, il ne soutient, plus d'un an plus tard, ni que tel n'aurait pas été le cas depuis, ni de la persistance de son statut d'étudiant, ni de ce qu'il aurait sollicité le renouvellement de ce titre de séjour pour l'année 2023/2024 ou 2024/2025. Dans ces conditions, il ne saurait être fait droit, à la date de la présente ordonnance, aux conclusions qu'il présente en vue d'être convoqué par la préfecture du Val-de-Marne et de se voir remettre un récépissé.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que M. A présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera transmise à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 23 juillet 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,