Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2307215
jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2307215 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 juillet 2023 et le 23 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Boukheloua, demande au juge des référés, statuant pas application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la commune de Boissy-Saint-Léger à lui verser, à titre provisionnel, la somme de 4 512,17 euros bruts au titre des allocations d'aide au retour à l'emploi (ARE) auxquelles elle peut prétendre en qualité d'agente de la commune involontairement privée d'emploi à compter du mois de mai 2023 et jusqu'à l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Boissy-Saint-Léger le versement de la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il existe une obligation non sérieusement contestable dès lors qu'elle est agente de la commune de Boissy-Saint-Léger involontairement privée d'emploi et qu'elle a droit à ce titre au versement par la commune de l'ARE ;
- elle a perçu l'ARE au titre des mois de novembre 2022 à avril 2023 mais plus aucune allocation depuis lors ;
- le montant mensuel brut de son allocation s'élève à 2 293,07 euros ;
- elle risque d'être privée de son allocation au titre des mois de mai et juin 2023 voire les mois suivants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, présenté Me Magnaval, la commune de Boissy-Saint-Léger, représentée par son maire en exercice, demande au tribunal de constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que à la suite de nombreux échanges avec Mme B tendant à disposer des documents nécessaires au traitement de son dossier, elle a procédé à la régularisation des versements d'ARE due à l'intéressée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Mme B, agente contractuelle de la commune de Boissy-Saint-Léger, a été licenciée par décision du maire à compter du 20 octobre 2022. Par arrêté du 23 février 2023, le maire de Boissy-Saint-Léger l'a admise au bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) et lui a reconnu un droit à indemnisation de 730 jours à taux plein. Par la présente requête, Mme B constate que si elle a effectivement perçu l'ARE au titre de la période comprise entre le mois de novembre 2022 et le mois d'avril 2023, elle ne l'a pas perçue au titre des mois de mai et de juin 2023 et risque de ne plus la percevoir non plus au titre des mois suivants. Elle demande à ce titre la condamnation de la commune de Boissy-Saint-Léger à lui verser, à titre, provisionnel, la somme de 4 512,17 euros bruts au titre des ARE auxquelles elle peut prétendre en qualité d'agente de la commune involontairement privée d'emploi à compter du mois de mai 2023 et jusqu'à l'ordonnance à intervenir.
3. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment des pièces versées par la commune de Boissy-Saint-Léger par mémoire enregistré le 18 avril 2024, que celle-ci a procédé à la régularisation des allocations d'ARE dues à Mme B à compter du mois de mai 2023. Si l'intéressée, à la réception de ce mémoire et d'une demande du greffe, formée en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, déclare maintenir sa requête, elle n'établit pas qu'il existerait, à la date de la présente ordonnance, une obligation non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative dont elle pourrait se prévaloir à l'encontre de la commune de Boissy-Saint-Léger. Il s'ensuit qu'elle n'est pas fondée à demander au juge des référés, statuant par application de l'article R. 541-1 précité, la condamnation de cette collectivité à lui verser, à titre provisionnel la somme de 4 512,17 euros bruts au titre des allocations d'ARE auxquelles elle peut prétendre en qualité d'agente de la commune involontairement privée d'emploi à compter du mois de mai 2023 et pour les mois suivants. Les conclusions de la requête doivent, dès lors, être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Boissy-Saint-Léger, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme B la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme B le versement à la commune de Boissy-Saint-Léger de la somme de 250 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Boissy-Saint-Léger la somme de 250 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Boissy-Saint-Léger.
Fait à Melun, le 4 juillet 2024.
La présidente de la 5ème chambre,
I. BILLANDON
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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