Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2307845

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2307845
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre DALO 14

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2023, Mme C E épouse F, représentée par Me Chamas, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne du 16 mars 2023 rejetant son recours gracieux introduit à l'encontre de la décision initiale du 1er décembre 2022 par laquelle cette commission de médiation a rejeté son recours amiable tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue comme prioritaire et urgente, dans les conditions prévues au II de l'article L. 411-2-3 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que la décision initiale du 1er décembre 2020 ;

3°) d'enjoindre à l'Etat par la commission de médiation du Val-de-Marne de reconnaître sa demande comme étant prioritaire et urgente, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme

de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à défaut, de verser cette somme à la requérante si elle n'est pas admise à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions du 1er décembre 2022 et 16 mars 2023 ont été signées par un auteur incompétent ; Mme A B n'est pas vice-présidente de la commission de médiation du Val-de-Marne et ne peut par suite rendre une décision à la place du président de la commission ; en outre, les décisions ne visent aucunement l'existence d'une délégation de compétence et la préfète du Val-de-Marne ne justifie pas de l'absence du président de la commission de médiation lors des séances ;

- les décisions en litige ont été prises par une commission de médiation à la composition irrégulière ; la préfète n'apporte aucun élément de nature à établir que la commission de médiation ait été composée régulièrement lors des séances au cours desquelles il a été statué sur ses recours amiable et gracieux ;

- la décision du 16 mars 2023 est insuffisamment motivée en fait ;

- la commission a commis deux erreurs de droit en méconnaissance des dispositions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors que, le délai anormalement long d'attente est atteint et qu'en rejetant sa demande au motif qu'elle n'a pas apporté d'éléments concernant son parcours locatif antérieur la commission a ajouté une condition non prévue par la loi ; en outre, le fait d'être dépourvue de logement et hébergée chez un tiers caractérise à lui seul une situation de priorité et d'urgence ;

- les décisions ligueuses sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ; dès lors que la commission de médiation était en possession de la totalité des éléments complémentaires sollicités dès le 14 novembre 2022, la commission de médiation ne pouvait refuser ses deux demandes au motif qu'elle n'apportait pas d'éléments sur son parcours locatif antérieur.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais a produit un bordereau de pièces enregistré le 24 mai 2024.

Mme E épouse F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R. 222-13 (1°) du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. Delmas, les parties n'y étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C E épouse F a présenté devant la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne un recours amiable enregistré le 21 juin 2022 tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue comme prioritaire et urgente sur le fondement des dispositions de

l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Cette commission de médiation a rejeté son recours par une décision du 1er décembre 2022. Mme E épouse F a formé un recours gracieux contre cette décision. Par une décision du 16 mars 2023, la commission de médiation a rejeté son recours gracieux. Par la requête susvisée, Mme E épouse F demande l'annulation des décisions des 1er décembre 2022 et 16 mars 2023.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Mme E épouse F ayant été admise à l'aide juridictionnelle totale par la décision du 30 août 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun, il n'y a pas lieu, pour celui-ci, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressée à l'aide juridictionnelle.

Sur le cadre juridique applicable :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant [] est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. ". Cet article L. 441-2-3 prévoit : " (). II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. /(). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement, ainsi que, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. /(). Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires. /(). ".

5. D'autre part, aux termes de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; - être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; - être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; - avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; - être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ".

6. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. La commission de médiation dispose du pouvoir de procéder, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à un examen global de la situation du demandeur, sans être limitée par le motif invoqué dans la demande, afin de vérifier s'il se trouve dans l'une des situations envisagées à l'article R. 441-14-1 de ce code pour être reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence. En conséquence, le demandeur qui forme un recours pour excès de pouvoir contre la décision par laquelle la commission de médiation a refusé de le déclarer prioritaire et devant être relogé en urgence peut utilement faire valoir qu'à la date de cette décision, il remplissait les conditions pour être déclaré prioritaire sur un autre fondement que celui qu'il avait invoqué devant la commission de médiation. Il peut également présenter pour la première fois devant le juge de l'excès de pouvoir des éléments de fait ou des justificatifs qu'il n'avait pas soumis à la commission, sous réserve que ces éléments tendent à établir qu'à la date de la décision attaquée, il se trouvait dans l'une des situations lui permettant d'être reconnu comme prioritaire et devant être relogé en urgence.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la décision du 1er décembre 2022, que pour rejeter le recours amiable de Mme E épouse F, la commission de médiation du Val-de-Marne a estimé que sa situation ne répondait pas aux critères de priorité et d'urgence, dès lors qu'elle n'a pas apporté d'éléments concernant son parcours locatif antérieur malgré la demande du service instructeur, alors même que l'intéressée est actuellement hébergée chez un tiers et qu'elle a effectué une demande de logement social qui a atteint le délai anormalement long fixé par arrêté préfectoral à trois ans. Mme E épouse F a formé un recours gracieux contre cette décision. Pour rejeter le recours gracieux de l'intéressée la commission de médiation a, par une décision du 16 mars 2023, estimé que l'examen du formulaire du recours amiable devant la commission, des pièces justificatives et des éléments apportés dans le cadre du recours gracieux n'a pas apporté d'éléments supplémentaires permettant à cette commission de prendre une décision favorable.

8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que les deux lettres 5 janvier 2023 et du 25 avril 2023, toutes deux signées par Mme A B en sa qualité de secrétaire générale de la commission de médiation du Val-de-Marne, se bornent à porter à la connaissance de Mme E épouse F le sens et les motifs de la décision prise collégialement par la commission de médiation lors de la séance du 1er décembre 2022 portant sur son recours amiable de l'intéressée et lors de la séance du 16 mars 2023 portant sur son recours gracieux. Par suite, ces deux lettres ne constituent que de simples courriers de notification qui sont dépourvus de caractère décisoire. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces deux notifications ne peut qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, si Mme E épouse F conteste la régularité de la composition de la commission de médiation du Val-de-Marne, elle n'apporte toutefois aucun élément à l'appui de ce moyen et n'a pas sollicité la communication des procès-verbaux des deux commissions afin de s'assurer de leurs compositions. Dès lors, la requérante ne saurait être regardée comme assortissant ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition des formations de la commission de médiation du Val-de-Marne est irrecevable et ne peut qu'être écarté.

10. En troisième lieu, d'une part, la décision du 1er décembre 2022 vise les dispositions des articles L. 300-1, L. 441-2-3 et R. 441-13 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Cette décision indique que Mme E épouse F est actuellement hébergée chez un tiers, qu'elle n'a pas apporté d'éléments concernant son parcours locatif antérieur en dépit d'une demande du service instructeur et que sa situation ne répond pas aux critères de priorité et d'urgence. Ainsi, cette décision, qui comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée en droit et en fait. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la décision du 16 mars 2023 rejetant le recours gracieux présenté par Mme E épouse F confirme la décision initiale du 1er décembre 2022 qui est suffisamment motivée. Par suite, la décision du 16 mars 2023 est suffisamment motivée. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des deux décisions en litige ne peut qu'être écarté.

11. En quatrième lieu, s'il est constant que le délai d'attente de Mme E épouse F a dépassé le délai anormalement long pour l'accès à un logement social fixé à trois ans par arrêté préfectoral en Ile-de-France, cette circonstance permet seulement d'établir que son relogement doit être considéré comme prioritaire, mais elle ne suffit pas à caractériser l'existence d'une situation d'urgence. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions sont entachées d'une première erreur de droit ne peut qu'être écarté.

12. En cinquième lieu, il résulte des dispositions du paragraphe II de

l'article L. 441-2-3 et de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation que lorsque le demandeur allègue devant la commission de médiation qu'il est dépourvu de logement, cette commission peut, le cas échéant, tenir compte pour apprécier le caractère prioritaire de sa demande de la circonstance qu'il est logé par un de ses parents au titre de l'obligation alimentaire définie par les articles 205 et suivants du code civil, ainsi que des conditions dans lesquelles il est ainsi logé. En outre, les dispositions de l'article R. 441-14-1 du même code précisent que la commission de médiation apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par un de ses parents en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portée à sa connaissance.

13. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport établi le 20 octobre 2022 par un travailleur social que depuis son arrivée en France en 2011 Mme E épouse F a été hébergée par ses filles et ses petites-filles. Ainsi, la requérante doit être regardée comme ayant été hébergée par des personnes débitrices à son égard de l'obligation alimentaire définie par les articles 205 et suivants du code civil. Si le parcours résidentiel ou locatif de la requérante est chaotique et présente un gène pour ses hébergeurs, il ne ressort toutefois pas suffisamment des pièces du dossier que, compte tenu de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à la connaissance du tribunal, Mme E épouse F doit être regardée comme étant dépourvue de logement au sens des dispositions de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. Par suite, les moyens tirés de ce que les décisions en litige seraient entachées d'erreur de droit, de fait ou d'appréciation en raison de ce que la requérante était hébergée par des tiers et devait être regardée comme étant dépourvue de logement ne peuvent qu'être écartés.

14. En sixième lieu, eu égard aux énonciations des décisions en litige et compte tenu des pièces du dossier, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que la commission de médiation a pu faire grief à Mme E épouse F de ne pas avoir apporté d'éléments sur son parcours locatif antérieur qui aurait permis à cette commission de considérer que la situation de la requérante répondait à la fois aux critères de priorité et d'urgence.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E épouse F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 1er décembre 2022 portant rejet de son recours amiable et de la décision du 16 mars 2023 portant rejet de son recours gracieux. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme E épouse F tendant à ce qu'elle soit admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E épouse F est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E épouse F, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

S. DELMAS La greffière,

M. D

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,