Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309059

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2309059
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er septembre 2023, M. B A, représenté par Me Ndoye, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de lui délivrer une convocation dans les quinze jours afin de lui délivrer un récépissé de titre de séjour et procéder au réexamen de sa situation individuelle ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2.000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité camerounaise, il est entré en France en novembre 2013 avec un visa d'étudiant, qu'il a eu des titres de séjour en cette qualité, puis ensuite un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français qui est arrivé à échéance le 13 février 2023, qu'il en a demandé le renouvellement le 23 décembre 2022 et qu'il n'a eu aucune réponse et ne s'est vu remettre aucun récépissé.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite en raison du silence observé par la préfecture du Val-de-Marne et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du même code et de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il est parent d'enfant français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 18 septembre 2023 sous le numéro 2309685, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.

Considérant ce qui suit :

1 M. B A, ressortissant camerounais né le 14 juillet 1989 à Pouma, entré en France selon ses dires le 4 novembre 2013 muni d'un visa d'étudiant, a bénéficié en dernier lieu d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 13 février 2023, en qualité de parent d'un enfant de nationalité française. Il indique en avoir demandé le renouvellement le 23 décembre 2022. Le

17 février 2023, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) lui a demandé des éléments complémentaires pour l'instruction de son dossier. Il a donc formé, le

18 septembre 2023, une requête devant le présent tribunal tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet qu'il estime s'être vu opposer à sa demande. Par une requête enregistrée le 1er septembre 2023, il avait également sollicité du juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.

2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article

R. 521-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3 Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.

4 En l'espèce, et toutefois, M. A, s'il a présenté sa requête sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'a formé dans cette requête aucune conclusion en suspension de l'exécution d'une décision administrative mais uniquement des conclusions en injonction sous l'en-tête " Vu l'article L. 521-3 du code de justice administrative ". Par ailleurs, sa demande sur ce fondement a été présentée près de trois semaines avant l'enregistrement de la requête en annulation qui doit nécessairement accompagner une demande présentée sur le fondement de cet article.

5 Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée comme mal fondée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,