Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309075
lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2309075 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er septembre 2023, Mme A B a présenté un " recours en référé sur demande de prise en charge de blessure de service " et demandé au tribunal " de bien vouloir sommer l'administration pénitentiaire de bien vouloir prendre en compte sa demande ".
Elle demande à ce que cette affaire " passe en référé " car cela lui a " été préjudiciable financièrement ".
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une lettre du 4 mai 2023, Mme B a demandé au garde des sceaux, ministre de la justice (direction générale de l'administration pénitentiaire) de requalifier ses arrêts maladie survenus entre août 2022 et mars 2023 en blessure de service et de saisir la commission médicale compétente. Aucune réponse n'a été apportée à sa demande. Elle a alors informé le tribunal, par une lettre du 16 juillet 2023, " suite au silence gardé par l'administration pénitentiaire, sur sa demande du 4 mai 2023 de bien vouloir, soit prendre en compte son arrêt de travail en blessure de service, soit saisir le comité médical, conformément à l'article R421-2 du code de justice administrative, cela vaut décision de rejet ". Elle n'a toutefois pas formé de recours contre cette décision implicite avant le 1er septembre 2023, date à laquelle elle a présenté un " recours en référé sur demande de prise en charge de blessure de service " et demandé au tribunal " de bien vouloir sommer l'administration pénitentiaire de bien vouloir prendre en compte sa demande ", en souhaitant que cette affaire " passe en référé " car cela lui a " été préjudiciable financièrement ".
2. Il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 521-3 et R. 522-5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 et celui de l'article L. 521-3. Par suite, elles ne peuvent pas être présentées simultanément dans une même requête. Faute pour le demandeur d'avoir précisé lequel de ces articles il entendait invoquer, il appartient au juge saisi de préciser la portée de la demande au vu de tous les éléments d'appréciation dont il dispose.
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Il résulte de ces dispositions qu'une requête à fin de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant ne l'a pas introduite, par une requête distincte, de la requête à fin d'annulation ou de réformation.
4. Aux termes enfin de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
5. En l'espèce, Mme B a présenté un " recours en référé sur demande de prise en charge de blessure de service " et demandé au tribunal " de bien vouloir sommer l'administration pénitentiaire de bien vouloir prendre en compte sa demande ". Eu égard à son objet et à ses termes, sa demande doit être entendue comme formée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Toutefois, la requérante n'établit pas avoir saisi le présent tribunal d'une demande en annulation de la décision implicite contestée. Par suite, sa requête ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,