Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309087

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2309087
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 septembre 2023, complétée le 5 septembre 2023,

M. A B, représenté par Me Tangalakis, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer et lui remettre matériellement son titre de séjour pluriannuel valable du 22/02/2022 au 21/02/2026, portant la mention " Passeport talent : Salarié qualifié / entreprise innovante ", dans un délai de 48 heures à compter de notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard de non remise du titre de séjour sollicité ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité marocaine, il lui a été délivré le 21 février 2022 une attestation de décision favorable à sa demande de titre de séjour portant la mention " Passeport - Talent " par la préfète du Val-de-Marne, que son épouse qui l'a rejointe en France ne peut déposer sa propre demande de titre tant que sa carte de séjour ne lui a pas été délivrée, qu'il a demandé à plusieurs reprises tant à la préfète du Val-de-Marne qu'au préfet de la

Seine-Saint-Denis, son lieu de résidence actuel, la délivrance de son titre de séjour, qu'il n'a reçu aucune réponse, que sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, son titre n'est pas disponible, que la condition d'urgence est satisfaite car il a bénéficié d'une attestation de décision favorable et que l'absence de remise de son titre empêche son épouse, entrée régulièrement en France, de déposer sa propre demande, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 12 septembre 2023, M. B, représenté par Me Tangalakis, informe le tribunal qu'il a été convoqué le 13 septembre 2023 pour retirer son titre de séjour et qu'il maintient ses demandes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2023, la préfète du

Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé ayant été convoqué le 13 septembre 2023 pour retirer son titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 1er mars 1988 à Casablanca, entré en France le 3 décembre 2021 muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités consulaires françaises dans cette ville, a bénéficié, de la préfète du Val-de-Marne, le 21 février 2022, d'une attestation de décision favorable à sa demande de carte de séjour pluriannuelle portant la mention " Passeport Talent : Salarié qualifié / Entreprise innovante " l'informant qu'une carte de séjour de quatre ans, valable jusqu'au 21 février 2026 allait lui être délivrée. Cette carte ne lui a jamais été remise. Cette absence de remise a rendu impossible l'instruction de la demande de titre de séjour de son épouse, entrée régulièrement en France le 12 mai 2022 avec un visa également par les autorités consulaires françaises à Casablanca. M. B a donc demandé au juge des référés, par une requête enregistrée le 4 septembre 2023 sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer sa carte de séjour. Postérieurement à sa requête, il a été convoqué le 13 septembre 2023 en vue de la remise de sa carte de séjour pluriannuelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué

M. B en préfecture le 13 septembre 2023 en vue de lui remettre sa carte de séjour pluriannuelle. L'intéressé ne soutenant pas, plus de six mois plus tard, que cette remise n'a pas eu lieu, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais de justice :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du c ode de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,