Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309691

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2309691
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision rejetant le recours administratif préalable obligatoire et lui refusant les conditions matérielles d'accueil en date du 30 août 2023 ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation personnelle et ses droits ;

3°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37, alinéa 2 de la loi du

10 juillet 1991 relative à l'aide juridique à verser à son conseil la somme de 1 500 euros.

Il indique que, de nationalité sénégalaise, il est arrivé en France en juin 2022 et qu'il a déposé une demande d'asile le 30 juin 2023 qui a été placée en procédure accélérée, et que les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile lui ont été refusées, qu'il a formé un recours préalable le 18 juillet 2023 rejeté le 15 septembre 2023.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il n'a aucune ressource, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est insuffisamment motivée, qu'elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle car il n'a pas été procédé à l'examen de sa vulnérabilité ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- la décision contestée,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 19 septembre 2023 sous le n° 2309701, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, se disant ressortissant sénégalais né le 21 janvier 1990 à Néourane (Département de Thiès), entré en France selon ses dires le 28 juin 2022, s'est présenté le 30 juin 2023 au guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture du Val-de-Marne pour y solliciter l'asile. Sa demande a été placée en procédure accélérée. Par une décision du même jour, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile au motif de cette demande tardive. Il a formé une requête préalable obligatoire qui a été expressément rejetée le 30 août 2023 par le directeur général de l'Office, celui-ci relevant que M. A était hébergé par un tiers. Par une requête enregistrée le 19 septembre 2023, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () : 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. () ". Aux termes de l'article L. 531-27 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : () ; 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; () ".

4. En l'espèce, il est constant que M. A a présenté sa demande d'asile un an après son entrée alléguée sur le territoire. S'il soutient que son état de santé ne lui a pas permis de déposer sa demande dans les délais requis, il ressort des pièces du dossier qu'il n'est suivi en milieu hospitalier que depuis le 18 octobre 2022. Il n'établit pas ainsi l'impossibilité pour lui de respecter le délai mentionné à l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne fait donc valoir aucun motif légitime au sens de cet article.

5. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée, par ailleurs suffisamment motivée, serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. Dans ces conditions, aucun moyen n'étant de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision du 30 août 2023, la requête de

M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,