Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309713

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2309713
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Pariente, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous dans le délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, afin qu'il puisse déposer son dossier de demande de délivrance d'un titre de séjour,

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité algérienne, il est le père d'un enfant de nationalité française sur lequel il exerce toujours l'autorité parentale malgré le divorce intervenu d'avec sa mère, qu'il a souhaité régulariser sa situation en France en sollicitant un rendez-vous en préfecture du

Val-de-Marne, qu'il a déposé une demande de rendez-vous le 7 avril 2023 qui est resté sans réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car il est maintenu en situation irrégulière et ne peut faire valoir ses droits parentaux, et que la mesure sollicité est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 20 septembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 M. B, ressortissant algérien né le 23 octobre 1981 à Alger, a divorcé par un jugement du 22 février 2023 de son épouse de nationalité française, épousée le 30 juin 2019 en Algérie, et dont il était séparé depuis le 12 octobre 2019. Le couple a eu un enfant né en juin 2020. Il a saisi le 7 avril 2023 la préfète du Val-de-Marne d'une demande de rendez-vous en vue de déposer une demande de certificat de résidence. Il n'a reçu aucune réponse malgré plusieurs relances du service. Il a donc demandé au juge des référés, par une requête enregistrée le 20 septembre 2023 sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une date de rendez-vous pour qu'il puisse déposer sa demande.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3 Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous.

4 En l'espèce, le requérant, qui ne précise ni la date ni les conditions de son entrée sur le territoire français, ne fait valoir aucune circonstance particulière caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement un rendez-vous en préfecture pour régulariser sa situation administrative, la circonstance qu'il aurait obtenu l'autorité parentale sur son enfant à la suite de son divorce étant sans incidence, le domicile de celui-ci ayant été fixé chez la mère.

5 Dans ces conditions, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2309713