Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309726
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2309726 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Megherbi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité algérienne, il est entré en France le 16 mai 2019 muni d'un visa, qu'il travaille comme cuisinier depuis le 10 avril 2020, qu'il a déposé en préfecture du Val-de-Marne une demande de rendez-vous pour pouvoir obtenir un certificat de résidence algérien portant la mention " salarié ", le 2 février 2023, qu'il n'a reçu aucune réponse, qu'il a relancé l'administration sans succès, que la condition d'urgence est satisfaite car il se trouve dans une situation précaire alors qu'il travaille et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2024, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses), conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le 23 janvier 2024 pour le dépôt de sa demande de certificat de résidence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 20 avril 1990 à Beni Chebana (wilaya de Sétif), entré dans l'espace Schengen le 14 mai 2019 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles à Alger, indique avoir sollicité de la préfète du Val-de-Marne un rendez-vous en vue de déposer une demande de certificat de résidence portant la mention " salarié " le 2 février 2023, sans obtenir de réponse malgré une relance du 4 avril 2023. Il entendait faire valoir un contrat à durée indéterminée comme cuisinier conclu le 10 avril 2020 avec la société " Le Brunch " d'Orly (Val-de-Marne). Par sa requête enregistrée le
20 septembre 2023, il a donc demandé donc au juge des référés, sur le fondement de l'article
L. 521-3 du code justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer pour le dépôt de sa demande de certificat de résidence algérien. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Hay-les-Roses) a convoqué l'intéressé le 23 janvier 2024 en vue du dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, M. B a été convoqué le 23 janvier 2024 par la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de L'Haÿ-les-Roses) en vue du dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. L'intéressé ne soutenant pas, plus de quatre mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'il ne lui a pas été remis à cette occasion une autorisation provisoire de séjour, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : Les conclusions de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,