Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309737
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2309737 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2023, M. et Mme B A demandent au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre leur obligation de payer la somme de 7 778,11 euros mise à leur charge en raison d'une expulsion locative.
Ils indiquent qu'il leur est impossible de payer.
Vu :
- la mise en demeure de payer en date du 24 juin 2023,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2023 sous le n° 2309745, M. et Mme A ont demandé l'annulation de l'obligation de payer contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Par leur requête, M. et Mme A demandent au tribunal de suspendre leur obligation de payer émise par le directeur départemental des finances publiques du
Val-de-Marne le 24 mai 2023, qui résulte du titre de perception émis leur encontre le 6 décembre 2012 pour un montant de 7 071,11 euros, augmenté des pénalités de retard de 707 euros. Cette somme correspond à des indemnités d'occupation que l'Etat a été condamné à payer au propriétaire de leur logement situé au 19, place Antoine de Saint-Exupéry à Orly (Val-de-Marne) en conséquence d'un refus d'accorder le concours de la force publique pour l'exécution d'un jugement ordonnant une expulsion locative. Le titre exécutoire litigieux émis par l'État à l'encontre du requérant pour recouvrer cette somme est ainsi attaché à une créance de nature privée.
3. Or, la juridiction compétente pour connaître du litige afférent à l'action du subrogé est, quel que soit le mode de recouvrement de la créance prétendue, celle qui a compétence pour connaître de l'action principale du subrogeant. Par suite, les tribunaux de l'ordre judiciaire sont seuls compétents pour statuer sur le présent litige. En conséquence, la requête en annulation contre cette obligation de payer, présentée par les requérants le
20 septembre 2023, a été rejetée par une ordonnance de la présidente du présent tribunal en date du 22 avril 2024.
4. Dans ces conditions, la requête de M. et Mme A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B A.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,