Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2310711

lundi 17 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2310711
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 octobre 2023, M. B A, représenté par

Me Ferchichi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle mention " passeport talent " et se voir délivrer un récépissé lui permettant de séjourner régulièrement et travailler sur le territoire français, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne, sous la même astreinte, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction couvrant la période d'irrégularité du requérant à compter du 7 juillet 2023 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité marocaine, il est entré en France le 6 septembre 2017 muni d'un visa de long séjour comme " étudiant ", qu'il travaille comme consultant en finance depuis le 15 octobre 2018, qu'il a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de renouvellement de son titre de séjour mention " passeport talent " le 25 avril 2023, qu'il n'a reçu aucune réponse, qu'il a relancé l'administration sans succès, que la condition d'urgence est satisfaite car il se trouve dans une situation précaire alors qu'il travaille et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 13 octobre 2023, M. A, représenté par Me Ferchichi, informe le tribunal qu'il a obtenu une attestation de décision favorable et qu'il maintient ses autres demandes.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2023, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé ayant obtenu une attestation de décision favorable.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 14 novembre 2023, M. A, représenté par

Me Ferchichi, conclut aux mêmes fins.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 24 août 1994 à Beni Nsar (Région de l'Oriental), a bénéficié en dernier lieu d'un titre de séjour portant la mention " passeport talent " délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 7 juillet 2023. Il en a demandé le renouvellement sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le

25 avril 2023. Par sa requête enregistrée le 11 octobre 2023, il a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de carte de séjour. Postérieurement à la requête, soit le 13 octobre 2023, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de M. A, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une attestation de décision favorable dans l'attente de la fabrication de son titre de séjour pluriannuel qui sera valable jusqu'au

5 juillet 2027.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. En premier lieu, ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a délivré à M. A le 13 octobre 2023 une attestation de décision favorable. L'intéressé ne soutenant pas, plus de six mois plus tard, que son titre de séjour ne lui a pas été remis depuis cette date, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et tendant à ce qu'un récépissé de demande de titre de séjour lui soit délivré.

4. En deuxième lieu, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'administration de délivrer à un étranger un document susceptible d'attester, a posteriori, de la régularité de son séjour pour la période entre la fin de validité d'un titre de séjour et le début de celle du suivant. Par suite, les conclusions de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction couvrant la période d'irrégularité soit du 7 juillet au 13 octobre 2023 ne pourront qu'être rejetées.

Sur les frais de justice :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros à verser à M. A en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,