Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2311627
vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2311627 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 novembre 2023, Mme B A, représenté par Me Tordo, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne d'accélérer le traitement de sa demande ;
2°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de se prononcer sur sa demande de titre de séjour mention portant la mention " salarié " dans un délai de quinze jours et sous astreinte de
150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France le 22 août 2022 munie d'un visa d'étudiant, qu'elle a conclu un contrat à durée indéterminée, qu'elle a déposé, à l'occasion d'un rendez-vous en préfecture du 19 janvier 2023, une demande de délivrance d'un titre de séjour mention " salarié ", qu'elle a obtenu un récépissé de demande de titre de séjour valable pour une durée de six mois, renouvelé une fois le 11 juillet 2023 pour une durée de
trois mois, qu'elle en a demandé le renouvellement, qu'elle n'a eu aucune réponse, malgré plusieurs relances en ce sens, que la condition d'urgence est satisfaite car elle se trouve dans une situation précaire alors qu'elle travaille et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2023, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu de la requête, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour lui ayant été délivré le 8 novembre 2023.
Par un mémoire en réplique enregistré le 12 décembre 2023, et une lettre de maintien enregistrée le 18 janvier 2024, Mme A, représentée par Me Tordo, prend acte de la délivrance de ce récépissé et maintien ses demandes sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née le 17 mars 1998 à Oran, entrée en France le 22 août 2021 munie d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises dans cette ville, a déposé en préfecture du Val-de-Marne une demande de changement de statut vers celui de salarié, la société " Devoteam " qui l'emploie en contrat à durée indéterminée ayant obtenu du ministre de l'intérieur et des outre-mer une autorisation de travail à son profit le
23 janvier 2023. La préfète du Val-de-Marne lui a délivré un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 18 juillet 2023 ne comportant aucune autorisation de travail, puis un second valable jusqu'au 10 octobre 2023 ne comportant toujours pas cette autorisation. Celui-ci n'a pas été renouvelé malgré plusieurs demandes en ce sens. Par sa requête enregistrée le
3 novembre 2023, au juge des référés, elle demande donc, sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne " d'accélérer le traitement de sa demande " et " de se prononcer sur sa demande de titre de séjour ". Postérieurement à sa requête, soit le 8 novembre 2023, la préfète du Val-de-Marne a délivré un récépissé de demande de titre de séjour à Mme A, valable jusqu'au 7 février 2024, ne comportant toujours pas d'autorisation de travail.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement sur ces dispositions, d'enjoindre à une autorité administrative " d'accélérer " le traitement d'une demande de titre de séjour et de se " prononcer " sur une telle demande. Par suite, les conclusions de la requête de Mme A ne pourront donc qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,