Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2312983

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2312983
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 décembre 2023, M. A B, représenté par

Me Richard, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous dans un délai de 48 heures sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'enregistrer sa demande de renouvellement de carte de résident de longue durée - UE dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de renouvellement de carte de résident de longue durée - UE assorti d'une autorisation de travailler pendant le temps de l'instruction de sa demande de renouvellement, dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité comorienne, il est marié depuis le 24 août 2002 et a

deux enfants de nationalité française, qu'il était titulaire d'une carte de résident de longue durée - UE valable jusqu'au 11 avril 2023, qu'il travaille depuis le 1er mars 2018 en contrat à durée indéterminée, qu'il a déposé le 14 mars 2023 une demande de rendez-vous sur le site démarches-simplifiées de la préfecture du Val-de-Marne en vue de déposer une demande de renouvellement de sa carte de résident, qu'il a été renvoyé sur celle de l'Administration numérique pour les étrangers en France, qu'il n'a pas réussi à déposer son dossier sur cette plateforme, qu'il a sollicité l'assistance de la préfecture sans obtenir de réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le nouvellement de sa carte de séjour et il travaille et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire complémentaire 12 avril 2024, M. B, représenté par Me Richard, indique se désister des conclusions de sa requête présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, mais maintenir celles sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant comorien né en 1973 à Mboude Dimani (Grande Comore) a déposé le 14 mars 2023 une demande de rendez-vous sur la plateforme " démarches-simplifiées.fr " de la préfecture du Val-de-Marne afin de déposer une demande de renouvellement de sa carte de résident de longue durée-UE qui arrivait à échéance le 11 avril 2023. Renvoyé le

22 juin 2023 vers la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, cette dernière lui a indiqué que " la téléprocédure de demande de titre de séjour pour ce motif n'est pas accessible en ligne pour le moment. Nous vous invitons à vous connecter au site internet de la préfecture dont dépend votre résidence pour vous renseigner sur les démarches à effectuer ".

M. B a ainsi alerté la préfecture du Val-de-Marne du caractère erroné de son renvoi vers cette plateforme, et ce en application de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et pour demander de l'aide dans l'accomplissement de ses démarches. L'intéressé n'a pas eu de retour malgré plusieurs demandes en ce sens. Par sa requête enregistrée le 5 décembre 2023, il a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous, d'enregistrer sa demande de renouvellement de carte de résident de longue durée - UE, mais aussi de lui délivrer un récépissé dans l'attente de l'instruction de son dossier. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. B pour le

20 mars 2024 et lui a délivré à cette occasion un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 19 septembre 2024.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Par son mémoire complémentaire enregistré le 12 avril 2024, M. B a indiqué se désister des conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais du litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : il est donné acte à M. B du désistement des conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2309726