Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2313278

vendredi 10 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2313278
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2023, M. C B, agissant en qualité de représentant légal de son fils mineur, A B, et représenté par Me Clerc, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 12 octobre 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Créteil a déclaré irrecevable l'appel qu'il a formé contre la décision du 29 septembre 2023 par laquelle le conseil de discipline du collège Jean Moulin de La Queue-en-Brie a prononcé à l'encontre de son fils la sanction de l'exclusion temporaire de cet établissement du 2 au 9 octobre 2023 ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de retirer la décision en litige et de recevoir son appel contre la décision du conseil de discipline du collège Jean Moulin de La Queue-en-Brie en date du 29 septembre 2023 ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'éducation ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. B a, par lettre datée du 9 octobre 2023, formé un appel contre la décision du 29 septembre 2023 par laquelle le conseil de discipline du collège Jean Moulin de La Queue-en-Brie a prononcé à l'encontre de son fils A, scolarisé en classe de cinquième, la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de cet établissement du 2 au 9 octobre 2023 inclus. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision du 12 octobre 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Créteil a déclaré cet appel irrecevable.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision en litige, le requérant se borne à soutenir que cette décision porte atteinte au droit de son fils de former un recours effectif contre la sanction disciplinaire prononcée à son encontre le 29 septembre 2023. Toutefois, cette seule circonstance ne saurait être regardée, alors, en outre, qu'il résulte de l'instruction que la sanction en cause a été complètement exécutée, et ce, plus de deux mois avant l'introduction de l'instance, comme suffisant à caractériser l'urgence requise pour la mise en œuvre des pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Fait à Melun, le 10 mai 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,