Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400036
vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2400036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Dalmas, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de demande de carte de séjour, dans un délai de dix jours à compter de la décision à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du délai de dix jours suivant le prononcé de la décision ou, à titre subsidiaire, de lui créer un compte " ANEF " dans un délai de dix jours à compter de la décision à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du délai de dix jours suivant le prononcé de la décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle est entrée en France le 7 octobre 2023 munie d'un visa de long séjour portant la mention " passeport-talent famille ", pour rejoindre son conjoint, que son visa a expiré le 30 décembre 2023, qu'elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant cette mention le 13 octobre 2023 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, qu'il ne lui a pas été possible de créer son compte, qu'elle a demandé la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction à la préfète du Val-de-Marne et qu'elle n'a reçu aucune réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est entrée en France avec un visa de long séjour et a droit à un titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête a été communiquée le 5 janvier 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucune mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Mme B, ressortissante marocaine née le 29 septembre 1998 à Tanger, est entrée en France le 7 novembre 2023 munie d'un visa de long séjour portant la mention " passeport talent- famille " délivré par les autorités consulaires françaises à Rabat. Elle venait rejoindre son conjoint, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 26 juillet 2026 délivrée par la préfète du Val-de-Marne. Elle a déposé le 13 octobre 2023 une demande de titre de séjour portant la même mention sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, et n'a reçu aucune réponse, y compris après l'expiration de son visa de long séjour, malgré plusieurs demandes en ce sens, restées sans réponse. Par une requête enregistrée le 3 janvier 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. " et de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".
4 En l'espèce, Mme B a déposé sa demande de titre de séjour portant la mention " passeport-talent - famille " le 13 octobre 2023. Faute de réponse dans le délai de quatre mois, comme de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou de toute demande de pièces complémentaires après cette date, de la part de la préfète du Val-de-Marne, susceptible de prolonger le délai d'instruction, elle doit donc être réputée comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 14 février 2024.
5 Eu égard à ce qui précède, la demande formée par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt aucun caractère d'utilité, et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet qui lui a été en tout état de cause opposée.
6 Dans ces conditions, la requête de Mme B ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,