Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400080
lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2400080 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour, un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors qu'elle a obtenu un contrat d'alternance auprès de la commune de Chennevières, dans le cadre de ses études en Master 2 Performance des achats publics au sein de l'école supérieure de logistique industrielle, qui doit débuter le 4 janvier 2024 ;
- à défaut de pouvoir justifier de la régularité de son séjour, son employeur menace de retirer cette promesse d'embauche et elle risque à court terme d'être exclue de sa formation ;
- la mesure demandée est utile dès lors que la préfecture n'a pris aucune décision sur sa demande de titre de séjour.
La requête a été communiquée le 5 janvier 2024 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
" En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
4. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 8 août 1998 à Yopougon (Côte d'Ivoire), a bénéficié en dernier lieu d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant ", valable jusqu'au 24 août 2023, dont elle a demandé le renouvellement le
31 mai 2023. Le 29 août 2023, cette demande a été clôturée en raison de son caractère incomplet. La requérante a présenté une nouvelle demande le 5 octobre 2023, qu'elle a complétée le 31 octobre suivant. Mme A demande qu'il soit enjoint à la préfète du
Val-de-Marne de lui remettre un titre de séjour, un récépissé ou une attestation de prolongation de l'instruction de cette demande.
5. Toutefois, d'une part,il ressort des dispositions précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'à la date de la présente ordonnance, la demande de titre de séjour présentée par Mme A doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet, née de son silence gardé pendant quatre mois par les services de la préfecture du Val-de-Marne, susceptible le cas échéant d'une requête fondée sur les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, les conclusions de la requérante fondées sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite. D'autre part, en conséquence de la naissance, les conclusions tendant à la délivrance d'un récépissé ou d'une attestation de prolongation d'instruction sont dépourvues d'utilité.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Mme A doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
La juge des référés,
Signé : C. Letort
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2313601