Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400100

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2400100
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Harir, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité sénégalaise, il est entré en France régulièrement le 8 juillet 2018, qu'il a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 27 juin 2023, qu'il a d'abord demandé un rendez-vous en préfecture du Val-de-Marne pour son renouvellement le 10 avril 2023 puis a déposé sa demande sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le 11 septembre 2023, que sa demande a été clôturée le 1er décembre 2023, qu'il en a déposé une autre le 4 décembre 2023, et qu'il n'a plus eu aucune nouvelle depuis cette date, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de sa carte de séjour, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 5 janvier 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a produit aucune mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 M. A, ressortissant sénégalais né le 18 janvier 1989 à Palène (Région de Diourbel), entré en France le 8 juillet 2018 muni d'un visa portant la mention " vie privée et familiale " délivré par les autorités consulaires françaises à Dakar, a été titulaire en dernier lieu d'une carte de séjour pluriannuelle de deux ans délivrée par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au 27 juin 2023. Il est le conjoint d'une ressortissante française, épousée le 15 juillet 2017 au Sénégal, et le couple a deux enfants, nés en avril 2016 et août 2019. Il a sollicité dans

un premier temps, le 10 avril 2023, un rendez-vous en vue de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour, puis le 11 septembre 2023, a déposé celle-ci sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Cette demande a été clôturée par l'administration le 1er décembre 2023. M. A a déposé une nouvelle demande le 4 décembre 2023 et n'a plus eu aucune nouvelle depuis cette date, alors que son titre de séjour est arrivé à expiration. Par une requête enregistrée le 5 janvier 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. " et de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".

4 En l'espèce, M. A a déposé sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle en dernier lieu le 4 décembre 2023. Faute de réponse dans le délai de

quatre mois, comme de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou de toute demande de pièces complémentaires après cette date, de la part de la préfète du Val-de-Marne, susceptible de prolonger le délai d'instruction, il doit donc être réputé comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 5 avril 2024, nonobstant toute autre mention figurant sur le suivi de son dossier sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, lesquelles ne sont pas opposables aux demandeurs..

5 Eu égard à ce qui précède, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt aucun caractère d'utilité, et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet qui lui a été en tout état de cause opposée.

6 Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,