Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400443
lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2400443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2024, complétée le 15 janvier 2024,
M. B C A, représenté par Me Seiller, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui délivrer une attestation de dépôt d'une demande de regroupement familial ;
2°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui verser la somme de 2 000 euros au titre des frais engagés pour la présente instance et non compris dans les dépens, de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'aux entiers dépens.
Il indique que, ressortissant ivoirien, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle de quatre ans, il a sollicité un regroupement familial au profit de deux de ses enfants nés en
avril 2008 et juin 2011 d'une précédente relation, et que l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne lui délivre aucune attestation.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a présenté sa demande le
13 octobre 2021 et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision
administrative, dès lors qu'il remplit toutes les conditions de revenu et de logement pour pouvoir accueillir ses enfants.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête, le dossier de l'intéressé étant incomplet et celui-ci n'ayant pas répondu aux demandes de complément de dossier qui lui ont été faites.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- l'arrêté du 4 mai 2022 fixant la liste des pièces justificatives exigées pour la délivrance des titres de séjour prévus par le livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 octobre 2021, M. A, ressortissant ivoirien né le 20 décembre 1993 à Foungbesso (Région du Bafing), et titulaire d'une carte de séjour temporaire de quatre ans
valable jusqu'au 28 décembre 2025, a déposé une demande de regroupement familial auprès de la direction territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil
(Val-de-Marne) en faveur de deux de ses enfants, nés en avril 2008 et juin 2011. Une demande de complément de dossier a été faite par l'Office le 19 mai 2022 à laquelle il a été partiellement répondu les 3 et 27 juin ainsi que le 11 juillet 2022. Toutefois, en l'absence du jugement lui attribuant l'autorité parentale et la garde des enfants bénéficiaires de la demande de regroupement familial, le dossier de M. A a été classé sans suite en août 2022. Par une requête enregistrée le 13 janvier 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui délivrer une 'une attestation de dépôt d'une demande de regroupement familial.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la demande de regroupement familial présentée par M. A a été classée sans suite en août 2022 au motif qu'il y manquait le jugement de l'autorité judiciaire ivoirienne lui attribuant l'autorité parentale et la garde des enfants bénéficiaires de sa demande et que l'intéressé n'a jamais produit ce jugement, dont la production est exigée par le point 65 de l'annexe de l'arrêté du 4 mai 2022, comme par l'arrêté du 29 avril 2021 qu'il a abrogé. Ce classement sans suite ne peut être analysé que comme une décision de rejet de la demande présentée par M. A.
4. Par suite, le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne pouvant pas faire obstacle à une décision administrative, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,