Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400528

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2400528
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 janvier 2024, Mme A B épouse C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de lui délivrer une convocation dans les quinze jours afin qu'elle puisse retirer sa carte de séjour ou du moins recevoir un récépissé de demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France avec un visa de long séjour en qualité de conjoint de français, qu'elle a eu un rendez-vous en préfecture en janvier 2023 et qu'elle n'a eu qu'un récépissé valable jusqu'au 4 juillet 2023, qu'elle n'a plus eu de nouvelles depuis cette date, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est entrée avec un visa de long séjour valant titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée étant convoquée le 18 janvier 2024 pour la remise de son titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Madame B, ressortissante algérienne née le 22 mai 1970 à Meftah (wilaya de Blida), entrée en France en dernier lieu le 23 décembre 2021 munie d'un visa de long séjour en qualité de conjoint de français délivré par les autorités consulaires françaises à Alger et valable jusqu'au 9 juin 2022, a déposé le 5 janvier 2023 en préfecture du Val-de-Marne une demande de certificat de résidence algérien. Elle est en effet l'épouse depuis le 25 mai 2000 d'un ressortissant français et l'acte de mariage a été transcrit à l'état-civil français le 11 décembre 2015. Il lui a été remis un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 4 juillet 2023 qui n'a pas été renouvelé malgré plusieurs demandes en ce sens. Par une requête enregistrée le 15 janvier 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour lui remettre son certificat de résidence algérien. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Mme B pour le 18 janvier 2024 aux fins de lui remettre ce document.

Sur les conclusions de la requête sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3 Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée le 18 janvier 2024 à 14 heures 30 pour lui remettre son certificat de résidence algérien. La requérante ne soutenant pas, près de six mois plus tard, que cette convocation n'a pas été honorée ni que son certificat de résidence algérien ne lui a pas été délivré à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4 La requérante ayant présenté sa requête sans l'assistance d'un avocat, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B épouse C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,