Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401806

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2401806
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse d'Ile-de-France - Outremer à régulariser sa situation par le versement d'indemnités journalières depuis le 11 août 2023 et de la réintégrer sur l'ensemble de ses droits carrières sur la période indemnisable, le tout sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jour de l'audience.

Il soutient que, ayant été révoqué des cadres de la protection judiciaire de la jeunesse le 11 août 2023, il était à cette époque en situation d'arrêt de travail depuis le 20 juin 2022, qu'il a demandé le versement des indemnités journalières car il ne pouvait percevoir l'allocation de retour à l'emploi, que la condition d'urgence est satisfaite car il n'a plus aucune ressource alors qu'il est marié avec quatre enfants à charge, et que la mesure sollicitée est utile, ne fait obstacle à aucune décision administrative et est dépourvue de toute contestation sérieuse dès lors que le versement des indemnités journalières est de droit .

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 29 septembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, (direction de la protection judiciaire de la jeunesse), a révoqué de ses fonctions de directeur des services de la protection judiciaire de la jeunesse M. A B et l'a radié des cadres du ministère de la justice à compter du 11 août 2023. A cette date, M. B était en arrêt de travail jusqu'au 8 septembre 2023 et cet arrêt a été prolongé jusqu'au 8 mars 2024 par deux certificats datés des 6 septembre 2023 et 8 décembre 2023. Le 11 août 2023, M. B avait été informé que son dossier de demande de congé de longue maladie allait être examiné lors d'un conseil médical prévu le 8 septembre 2023. Le 9 octobre 2023, puis le 2 novembre 2023, il a demandé à son ancien service le paiement des indemnités journalières prévues aux articles L. 161-8 et D. 172-2 du code de la sécurité sociale car il indiquait ne pas pouvoir prétendre aux indemnités de l'organisme " Pôle Emploi ". Il n'a reçu aucune réponse. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse

d'Ile-de-France - Outremer notamment de régulariser sa situation par le versement d'indemnités journalières depuis le 11 août 2023.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : (..) 3° Si la demande présente un caractère financier sauf, en matière de sécurité sociale, dans les cas prévus par décret ; ().

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a formulé, en dernier lieu par une lettre du 2 novembre 2023 reçue par l'administration le 6 du même mois, auprès de la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse d'Ile-de-France - Outremer, une demande de versement des indemnités journalières sur le fondement des articles L. 161-8 et D. 172-2 du code de la sécurité sociale. Il est constant qu'il n'a reçu aucune réponse. Par suite, il doit être considéré comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à la date du

7 janvier 2024.

5. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne pouvant faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,