Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401977
mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401977 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | EBC AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 février 2024, M. C A époux B, demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 25 décembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de procéder à la régularisation de son traitement et de ses indemnités ;
2°) d'enjoindre au département du Val-de-Marne de régulariser sa situation financière à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département du Val-de-Marne la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision en litige lui porte préjudice en ce que l'administration refuse de régulariser le paiement de ses congés, des RTT et heures supplémentaires non pris entre le
24 janvier 2023 et le 10 février 2023 ; il a continué d'exercer ses fonctions d'inspecteur de l'aide sociale à l'enfance à la DPEJ du Val-de-Marne sur son temps de congés avec l'accord de son administration, laquelle l'a maintenu en activité ; en gardant le silence, l'administration contrevient à ses obligations et porte atteinte au traitement pécuniaire auquel il prétend ; l'urgence est manifeste dès lors que sa situation et ses intérêts sont gravement et immédiatement affectés par l'exécution de cette décision et du silence gardé par l'administration depuis le
25 octobre 2023 ; cette décision a une incidence grave sur sa situation financière ; la mesure utile obligeant le paiement des heures supplémentaires, congés et RTT est indispensable en ce que la décision préjudicie de façon suffisamment grave et immédiate à ses intérêts aussi bien personnels que financiers ; la condition d'urgence est remplie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. D'autre part, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
4. M. A époux B, recruté par le département du Val-de-Marne, en qualité d'attaché contractuel pour exercer les fonctions d'inspecteur responsable du groupement territorial 7 au sein de la direction de la protection de l'enfance et de la jeunesse, par un contrat à durée déterminée pour la période courant du 17 août 2021 au 16 août 2022 inclus, renouvelé jusqu'au 16 août 2025 inclus, a, par courrier du 9 janvier 2023, informé le président du conseil départemental du Val-de-Marne qu'il démissionnait de ses fonctions motif pris de son recrutement en qualité de directeur adjoint enfance famille par le département du
Tarn-et-Garonne. Ayant occupé ses fonctions jusqu'au terme du préavis et, notamment, pendant ses congés, M. A époux B a sollicité du président du conseil départemental du
Val-de-Marne la régularisation de sa situation financière, notamment, le paiement des congés qu'il n'a pu prendre ainsi que celui de l'allocation sociale, par une demande du 25 octobre 2023, que le président du conseil départemental a implicitement rejetée.
5. M. A époux B demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de suspendre la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de régulariser sa situation financière et d'enjoindre au département du Val-de-Marne de procéder à cette régularisation. Toutefois, les mesures sollicitées par M. A époux B ne sont pas au nombre de celles qui peuvent être prononcées par la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3, dès lors qu'il lui appartient seulement, ainsi que cela a été dit au point 2, de prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et sans faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Or, la condition tirée de ce que les mesures demandées par
M. A époux B ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative n'est pas remplie. Dans ces conditions, la juge des référés ne peut que rejeter la requête de
M. A époux B, à qui il appartient, s'il s'y croit fondé, de contester par les voies de droit appropriées le refus que lui a opposé le président du conseil départemental du
Val-de-Marne de procéder à la régularisation de sa situation financière consécutive à sa démission.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A époux B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A époux B et au département du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 7 mai 2024.
La juge des référés,
Signé : S. Bonneau-Mathelot
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,