Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403561
vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2403561 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2024, M. B A, représenté par Me Nessah, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de le mettre en possession d'un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de résident expirée le 3 avril 2023 dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, et de procéder à l'instruction de cette demande dans le délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, le dossier ayant été déposé en préfecture le 24 mai 2023, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que ses services ont remis à M. A une convocation pour le 2 avril 2024 pour renouveler son récépissé et que la condition d'urgence fait par conséquence défaut.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne indique avoir convoqué M. A pour le 2 avril 2024 en vue de renouveler son récépissé. M. A ne soutient, plus de trois mois plus tard, ni que ce rendez-vous n'aurait pas effectivement eu lieu, ni que son récépissé n'aurait pas été renouvelé. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre par M. A doivent être regardées comme étant devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. Par ailleurs, il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. A a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de sa carte de résident le 24 mai 2023 ainsi qu'il résulte du récépissé qui lui a été remis à cette occasion et versé au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois. Par suite, la demande présentée au tribunal tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'instruire la demande de renouvellement de titre de séjour du requérant est dépourvue d'utilité. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre par M. A en conséquence être rejetées.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que M. A présente à l'encontre de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A en vue d'obtenir un rendez-vous en préfecture.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 19 juillet 2024
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,