Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403729

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403729
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mars 2024, complété le 11 avril 2024,

M. B C A, représenté par Me Saïdi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du

Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation du requérant dans un délai d'un mois et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans l'attente du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité sénégalaise, il est entré en France le 9 octobre 2001, qu'il a eu des titres de séjour jusqu'à la période de la pandémie, qu'il est salarié de la société

" SOS Médecins " depuis le 6 mai 2018, qu'il a déposé une demande de titre de séjour le

16 mai 2023 sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de justice administrative et qu'il n'a eu aucune réponse, de sorte qu'une décision implicite de rejet est née le 17 septembre 2023.

Il soutient, dans le dernier état de ses conclusions, que la condition d'urgence est satisfaite car il est en France depuis plus de vingt ans, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause a été prise sans consultation de la commission du titre de séjour alors qu'il est en France depuis plus de dix ans, et même depuis plus de vingt ans, qu'elle est illégale car il a sollicité la communication de ses motifs et il a disposé de titres de séjour.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le 21 mai 2024 pour la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 27 mars 2024 sous le numéro 2403734, M. B a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 25 avril 2024, tenue en présence de Madame Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu

- les observations de Me Galé, représentant M. A, requérant, présent, qui rappelle qu'il est en France depuis plus de vingt ans, qu'il a déjà eu un rendez-vous en mai 2023 et qui constate que la convocation pour le 21 mai 2024 ne concerne que la délivrance d'un récépissé ;

- les observations de Me Rahmouni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu.

Par une note en délibéré enregistrée le 25 avril 2024, M. A B, représenté par Me Saïdi, conclut aux mêmes fins.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C A, ressortissant sénégalais né le 18 novembre 1981 à Medina Gounass (Région de Dakar), entré en France le 9 octobre 2001 muni d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Dakar, a bénéficié de titres de séjour dont le dernier, pluriannuel, délivré par le préfet de police de Paris, était valable jusqu'au 3 mai 2020. Il travaille depuis le 7 octobre 2018 comme téléopérateur pour la société civile de médecine générale et d'urgence " SOS Médecins " de Paris (75013). Il a déposé, le 16 mai 2023, une demande d'admission exceptionnelle au séjour en préfecture du Val-de-Marne. Seule une attestation de dépôt lui a été remise à cette occasion. Considérant s'être vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande de titre de séjour, il a demandé, par une requête enregistrée le

27 mars 2024, son annulation et sollicite du juge des référés, par sa requête du même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A pour le 21 mai 2024 en préfecture pour " la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour ".

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé le 21 mai 2024 à 9 heures 15 pour " la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour ". Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de

M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2000 euros à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de

M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative,

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2000 euros à

M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. AYMARDLa greffière,

Signé : O. DUSAUTOIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,